Air Canada hésite à s'engager pour la CSeries

Calin Rovinescu, président d’Air Canada<br />
Photo: Agence Reuters Christinne Muschi Calin Rovinescu, président d’Air Canada

La plus importante société aérienne au pays n'est pas pressée de faire l'acquisition de nouveaux appareils à fuselage étroit, et préfère attendre jusqu'à ce que Boeing et Airbus aient décidé de quelle façon ils feront concurrence aux avions de la nouvelle CSeries de Bombardier, a affirmé hier le président et chef de la direction d'Air Canada, Calin Rovinescu.

M. Rovinescu a dit s'attendre à ce que le transporteur décide au cours de la prochaine année s'il demeurera fidèle à ses appareils Airbus ou s'il achètera de nouveaux avions à faible consommation de carburant.

Le renouvellement d'une flotte d'appareils représente un jeu d'équilibre entre les coûts et les bénéfices des nouveaux produits, a-t-il expliqué à des journalistes, hier, à la suite d'une allocution prononcée en présence de membres d'une organisation internationale de l'aviation.

Tout le monde aimerait se permettre le luxe du produit le plus récent à bas prix, mais Air Canada a également pris un immense engagement financier en commandant 37 nouveaux Boeing 737 Dreamliner, a indiqué M. Rovinescu.

Un peu plus tôt, le dirigeant avait indiqué que les sociétés aériennes enregistreraient des profits minimes l'année prochaine, en raison de la lenteur de la reprise économique dans le monde entier.

La prévision de 8,9 milliards $ de profits faite par l'Association du transport aérien international (IATA) représente des marges de moins de 2 %, a-t-il dit.

Les profits prévus par l'IATA feront suite aux pertes de près de 50 milliards $ accumulées depuis une dizaine d'années.

Au Canada, les profits avant impôts devraient totaliser 192 millions $, les tarifs demeurant peu élevés et le trafic commercial n'ayant pas encore retrouvé le niveau qui était le sien avant la récession.

M. Rovinescu a estimé que les réglementations gouvernementales et l'imposition de divers frais, notamment de location dans les aéroports, faisaient obstacle à la rentabilité de l'industrie.

Les frais de location, d'infrastructures et de navigation, les coûts de sécurité, les taxes sur le carburant et autres frais rendent l'exploitation d'une société aérienne beaucoup plus coûteuse au Canada qu'aux États-Unis, avec un même volume d'affaires, a affirmé le dirigeant d'Air Canada.

La semaine dernière, l'IATA a indiqué que les sociétés aériennes internationales s'étaient relevées beaucoup plus rapidement que prévu de la récession, après avoir encaissé des pertes de près de 26 milliards $US en 2008 et 2009.

L'association prévoit que les transporteurs aériens réaliseront des profits de 8,9 milliards sur des revenus de 560 milliards. En juin, elle avait dit prévoir un bénéfice de 2,5 milliards sur des revenus de 545 milliards.

Le cours des actions d'Air Canada a terminé la séance de lundi à 2,93 $ à la Bourse de Toronto, en hausse de huit cents par rapport à son précédent taux de clôture.
2 commentaires
  • Frederick Durand - Inscrit 28 septembre 2010 07 h 38

    Erratum

    L'immense engagement financier dont vous faites part dans l'article ci-dessus correspond à l'achat de 37 Boeing 787 Dreamliner et non 737.

    Sincèrement,
    Frédérick

  • Patrice de la Brosse - Abonné 28 septembre 2010 09 h 41

    Série C ou Sissirize ?

    J'en appelle à la responsabilité des médias francophones dans la protection de notre langue : quand bien même les milieux mondiaux de l'aéronautique communiquent entre eux en anglais et s'intéressent à la "CSeries", nous autres francophones devrions utiliser notre langue à nous et parler des avions de la série C, expression tout à fait correcte. Au hockey, nous parlons bien des série et non des "sirizes" ou des playoffs...