Posséder sa cabane au Canada est de moins en moins facile

Une femme consulte en vitrine d’un courtier immobilier les descriptions des propriétés à vendre. Mais les Canadiens doivent consacrer une part de plus en plus importante de leur budget à leurs paiements hypothécaires. <br />
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Une femme consulte en vitrine d’un courtier immobilier les descriptions des propriétés à vendre. Mais les Canadiens doivent consacrer une part de plus en plus importante de leur budget à leurs paiements hypothécaires.

L'accès à la propriété a continué de se détériorer au Canada au deuxième trimestre, touchant des pointes dans les deux provinces les plus «chaudes», à savoir l'Ontario et la Colombie-Britannique. Au Québec, le coût de propriété rejoint les sommets observés avant la crise.

Dans sa plus récente lecture trimestrielle sur l'accessibilité à la propriété, Recherche économique RBC souligne que la hausse du prix des propriétés au Québec depuis un an a contribué à l'accroissement du coût de propriété dans la province, «qui est actuellement supérieur aux moyennes à long terme et se situe encore plus près des sommets atteints avant la période de ralentissement économique». Au deuxième trimestre de 2010, le coût d'un bungalow détaché, présenté comme étant une mesure étalon, accaparait 36,5 % du revenu avant impôts des ménages québécois. Selon Robert Hogue, économiste principal chez RBC, «toute détérioration accrue de l'accessibilité pourrait avoir un effet défavorable encore plus prononcé sur la demande immobilière dans la province».

À l'échelle canadienne, il atteignait 42,9 %. La plus forte détérioration a été mesurée dans les provinces de l'Ontario et de la Colombie-Britannique, là où plusieurs observateurs recensent la présence de poches de surchauffe.

Pour les grandes villes, la propriété retient désormais 43,2 % du revenu avant impôts des ménages à Montréal. À titre de comparaison, l'indice d'accessibilité pour un bungalow détaché s'est établi à 74 % à Vancouver, à 50,2 % à Toronto, à 41,2 % à Ottawa, à 39,2 % à Calgary et à 34,7 % à Edmonton. «Bien que le coût de propriété à Montréal demeure beaucoup moins élevé que dans les marchés canadiens où il l'est le plus, il s'est accru considérablement dans la métropole québécoise au cours de la dernière décennie et s'est élevé de plus en plus comparativement à la moyenne nationale [...] En outre, la mesure des maisons de deux étages a atteint un niveau record», a poursuivi la RBC.

L'analyste de la Banque estime que la correction récente du marché de la revente et de la construction neuve, combinée à un recul des taux hypothécaires après leur hausse printanière, a contribué à atténuer le mouvement de détérioration. Le ralentissement de la croissance économique devrait également se traduire par un report de la hausse prévue des taux d'intérêt. Il en a résulté une «amélioration» temporaire des niveaux d'accessibilité «en raison des récentes baisses des taux hypothécaires, ainsi que des signes de plus en plus évidents d'une stabilisation du prix des propriétés dans de nombreux marchés. Toutefois, on s'attend à ce que le taux à un jour de la Banque du Canada continue à augmenter au cours des 12 à 18 prochains mois et se répercute de façon plus soutenue en une hausse des taux hypothécaires, affaiblissant de nouveau l'accessibilité», a ajouté Robert Hogue.

L'économiste n'esquisse cependant pas un scénario à l'américaine. À ses yeux, les indices d'accessibilité sont élevés, mais non préoccupants. «Les niveaux d'accessibilité actuels pointent vers des pressions plus grandes que d'habitude sur les acheteurs canadiens. Toutefois, cette situation ne représente pas une menace immédiate pour le marché. Malgré le fait que nous prévoyons que la hausse des taux d'intérêt s'accompagnera d'une augmentation des coûts d'emprunts hypothécaires, une stabilisation du prix des propriétés ainsi qu'une croissance du revenu des ménages devraient en partie contrebalancer l'effet négatif de cette hausse des taux.»

Au Mouvement Desjardins, on ne croit également pas à un effondrement du marché immobilier. Du moins, au Québec. «Même si le secteur résidentiel s'affaiblit, aucun effondrement n'est à prévoir à court terme.» Les analystes de l'institution coopérative ont toutefois vu l'Indice de l'habitation Desjardins reculer, en août, pour un cinquième mois consécutif. Et sur le marché de la revente, le nombre de propriétés vendues par l'entremise d'un courtier a chuté de 20 % depuis le sommet historique de décembre 2009. Or, l'activité sur le marché de la revente montrerait des signes de stabilisation. L'on table également sur le fait que les taux hypothécaires sont revenus à leur niveau historiquement faible. Et l'on se rassure du fait que, malgré le ralentissement, la création d'emplois reste soutenue au Québec.
1 commentaire
  • maxime belley - Inscrit 28 septembre 2010 18 h 01

    vive la jeunesse

    bonne chance aux nouveaux arrivant et jeunes canadiens!!

    l'avenir est tout brun pour vous!!


    pus de condition de travail, pus de ressources, pus de propriét..

    50% de la richesse dans 1 % des mains!!!


    yé!!!

    merci baby boomers!!