Date butoir du Plan d'action économique - Flaherty promet d'être «raisonnable»

Le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, était dans le port de Montréal, hier, afin de faire le bilan du plan d’action économique de son gouvernement.<br />
Photo: Agence Reuters Shaun Best Le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, était dans le port de Montréal, hier, afin de faire le bilan du plan d’action économique de son gouvernement.
Selon le ministre des Finances, Jim Flaherty, la «plupart» des quelque 23 000 projets financés par le plan de relance fédéral seront terminés à temps. Mais «si certains projets sont virtuellement terminés [sans l'être dans la pratique], nous allons être justes et raisonnables. S'il y a des situations où il ne manquera qu'un peu de travail pour compléter le projet, nous ne serons pas déraisonnables», a-t-il assuré depuis le port de Montréal où il présentait le sixième rapport sur le Plan d'action économique.

Impossible toutefois d'établir clairement quelles seront les limites de cette ouverture. Par exemple, le bureau de M. Flaherty ne pouvait préciser en fin de journée si un projet terminé à 60 % le 31 mars recevrait 60 % du financement fédéral attendu, ou rien du tout, comme cela est actuellement prévu.

Le message officiel demeure donc le même: le plan de relance est là pour «stimuler l'économie en temps opportun et de façon ciblée et temporaire», et il est «important que les mesures de stimulation prennent fin comme prévu pour s'assurer que la situation financière du gouvernement est viable».

La sortie de M. Flaherty a ainsi été accueillie froidement par la Fédération québécoise des municipalités (FQM), qui milite depuis plusieurs semaines pour qu'Ottawa reporte son échéance. «Nous aurions voulu quelque chose de beaucoup plus clair, a commenté le président Bernard Généreux. Si M. Flaherty avait promis que tous les projets actuellement engagés recevront 100 % de leur financement, il y aurait eu un sentiment de sécurité qui n'existe pas présentement.»

M. Généreux calcule que près du tiers des projets financés au Québec pourraient rater la date limite du 31 mars, notamment parce que Québec et Ottawa ont pris des mois avant d'établir les ententes administratives permettant de lancer les projets.

Selon M. Généreux, la situation sur le terrain est compliquée. «Il y a plus de demande que d'offre à l'heure actuelle. Il y a une surchauffe et on voit des appels d'offres qui n'obtiennent pas de réponse, ou des soumissions beaucoup trop chères. Parfois, il manque de matériel et on ne peut pas lancer le chantier. Ça fait en sorte qu'il y a des projets qui tombent alors qu'ils ont un accord de financement.»

À Ottawa, les partis d'opposition ont tous fait pression hier pour que le gouvernement reporte cette échéance du 31 mars. «M. Flaherty a déclaré qu'il regarderait les exceptions, mais c'est le tiers des projets au Québec, a indiqué le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe. Est-ce qu'on va dire que le tiers des projets, c'est des exceptions? Ce serait plus simple de dire qu'on va regarder la date butoir.»

Chef adjoint du NPD, Thomas Mulcair estime que «le délai du 31 mars est purement artificiel et va causer beaucoup d'ennuis. Certaines municipalités ont déjà arrêté leurs travaux parce qu'elles ont peur de manquer l'échéance» et d'engager des coûts qui ne seront pas remboursés, a-t-il dénoncé, alors que le chef libéral, Michael Ignatieff, a lui aussi plaidé pour une plus grande flexibilité.

Progrès

Le sixième rapport sur les progrès du plan d'action affirme que 22 500 des 23 000 projets financés par le plan de relance (soit 97 %) sont en cours de réalisation ou déjà terminés — sans que l'on précise combien appartiennent à chaque catégorie.

Selon Ottawa, les 4 milliards du Fonds de stimulation de l'infrastructure (FSI) ont été engagés, et près de 99 % de ces 4000 projets seraient en cours ou terminés. Le programme Infrastructures des loisirs Canada afficherait aussi complet, avec la «quasi-totalité» des 500 millions qui ont été distribués (95 % en cours ou terminés).

Le gouvernement souligne que son plan d'action (d'une valeur totale de 62 milliards) a permis au pays de recouvrer la totalité des emplois perdus durant la récession, avec une création de 430 000 emplois depuis juillet 2009. On apprend aussi dans le document que le crédit d'impôt à la rénovation domiciliaire a coûté au moins 3 milliards au gouvernement et que 120 000 chômeurs ont bénéficié jusqu'ici des prestations supplémentaires d'assurance-emploi octroyées aux travailleurs de longue date.
1 commentaire
  • Raymond F. Boily - Abonné 7 octobre 2010 11 h 18

    Toujours du pareil au même...

    Cela ressemble à l'histoire du porte-monnaie que l'on laisse traîner mais
    qu'on retient avec une corde. On met dans ces programmes des conditions souvent dure à remplir. On promet mais y met des conditions.