La BCE entrevoit une croissance modérée dans la zone euro

Bruxelles — La Banque centrale européenne (BCE) perçoit de légers risques haussiers sur le front de l'inflation et prévoit une croissance modérée dans la zone euro, a déclaré hier le président de la BCE Jean-Claude Trichet.

S'exprimant devant la commission aux Affaires économiques et monétaires du Parlement européen, Jean-Claude Trichet a réitéré les appels de la BCE en faveur d'un encadrement plus serré des budgets nationaux qui passerait par des sanctions pour les mauvais élèves.

Son évaluation de la situation économique a été globalement identique à celle que la BCE a livrée le 2 septembre lorsqu'elle a laissé ses taux inchangés et qualifié sa politique d'accommodante. «Nous nous attendons à ce que la reprise se poursuive à un rythme modéré, avec une dynamique de fond positive, mais avec toujours des incertitudes entourant ses perspectives», a déclaré Jean-Claude Trichet, qui a dit un peu plus tard, lors des questions et réponses, que la BCE restait très prudente pour tout ce qui concernait la croissance de la zone euro.

Les ministres des Finances de l'Union européenne doivent évoquer cette semaine des propositions de réforme budgétaire et Jean-Claude Trichet a déclaré qu'il fallait faire preuve de plus d'ambition pour durcir les règles existant déjà dans le cadre de la législation européenne en vigueur. «Dans l'idéal, un bond en avant dans le renforcement de la gouvernance de l'Union européenne et de la zone euro nécessiterait une modification du Traité», a-t-il dit. «Cela signifie qu'en dehors d'une modification immédiate ou rapide du Traité, il faudra exploiter au maximum toutes les possibilités d'une nouvelle législation dans le cadre du Traité actuel.»

Des sanctions politiques, telles que la suspension des droits de vote, auraient le soutien de la BCE, mais cela risquerait de passer par une modification du Traité, a encore déclaré Jean-Claude Trichet. «Dès lors que les déséquilibres et les fragilités ont été identifiés, il doit y avoir un suivi effectif qui comprend des missions spécifiques aux pays en question, des recommandations spécifiques, une accentuation des pressions des pays tiers et en fin de compte un catalogue de mesures d'ajustement claires», a-t-il expliqué.

«Puisque les fragilités de chaque membre peuvent avoir des conséquences directes sur d'autres membres, le cadre de la surveillance doit être soutenu par un mécanisme gradué de stimulations et de sanctions qui pourra être activé à un stade suffisamment précoce.»