Hydrocarbures: Québec interdit l’exploration dans l’estuaire du Saint-Laurent

Nathalie Normandeau, en août 2010.<br />
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir Nathalie Normandeau, en août 2010.

Le gouvernement du Québec a décidé d’interdire toute forme d’exploration gazière et pétrolière dans l’estuaire du Saint-Laurent, de l’île d’Orléans à l’île d’Anticosti.

L’annonce en a été faite ce matin, à Rivière-du-Loup, par la vice-première ministre et ministre des Ressources naturelles et de la faune, Nathalie Normandeau.

Québec en est venu à cette conclusion à la suite de la première de deux évaluations environnementales stratégiques commandées par le gouvernement sur cette question. Cette étude conclut que le milieu environnemental serait trop fragile et les conséquences environnementales de telles activités, trop importantes. En rendant publiques les conclusions de l’étude et la décision gouvernementale, Mme Normandeau a rappelé que de nombreuses communautés de ce secteur dépendent du tourisme et la pêche commerciale, ajoutant qu’il était hors de question de développer une nouvelle filière au détriment d’autres déjà existantes.

La seconde étude, qui vise les secteurs plus à l’est du golfe du Saint-Laurent, ne sera complétée qu’à l’automne 2012. Elle se penchera sur le bassin d’Anticosti, dans le nord du Golfe, sur le bassin Madeleine, dans le sud du Golfe et la baie des Chaleurs.

L’exploration et l’exploitation demeureront interdits d’ici la fin de cette étude. Certaines estimations font état d’un potentiel de deux milliards de barils de pétrole sous les eaux du golfe Saint-Laurent, à l’intérieur desquelles se trouve également le gisement de pétrole et de gaz naturel Old Harry, perçu comme très prometteur par les prospecteurs.
4 commentaires
  • Pierre François Gagnon - Inscrit 27 septembre 2010 12 h 44

    Un os à ronger?

    S'ils n'en viennent pas à une conclusion semblable pour tout le golfe Saint-Laurent - de même que sur l'Île d'Anticosti et dans toute la Vallée du Saint-Laurent quant à ce maudit gaz de shale -, va-t-il falloir créer le FLE, le Front de Libération de l'Environnement? Si les citoyens n'avaient pas arrêté Parizeau, juste à temps, à l'époque où il croyait nécessaire d'enfourner le Québec dans l'électricité nucléaire, où en serions-nous aujourd'hui, je vous le demande un peu! Au moins les Péquistes avaient institué une consultation publique réelle, digne de ce nom, et l'avait écouté à sa juste valeur!

  • 54lili - Inscrit 27 septembre 2010 18 h 41

    Ministre Normandeau..

    Mme veut se refaire une beauté politique, voyant que la population se soulève contre l'exploration/exploitation des gas de schiste.
    Comme Charest a des chances d'être destitué comme PM, elle voit la suite logique de sa carrière en tant que vice-première ministre.
    Ce qu'elle oublie : c'est qu'on veut que tout le PLQ débarque.

    Pur hasard peut-être, le moratoire a lieu dans sa région électorale.
    C'est vrai, que c'est un beau coin de pays mais la vallée du St-Laurent l'est tout autant.

  • 93Licar - Inscrite 27 septembre 2010 19 h 25

    La main sur le coeur...

    Aucun argent n'a été engagé de la part du privé dans des projets d’exploration gazière et pétrolière dans l’estuaire du Saint-Laurent, de l’île d’Orléans à l’île d’Anticosti. C'est sans doute la raison pour laquelle la Ministre s'empresse de nous affirmer qu'elle respectera les résultats des études dont elle nous présentait les conclusions aujourd'hui.

    Beaucoup d'argent étant déjà engagé par l'entreprise privée dans le cas de l'exploration en vue de l'exploitation du gaz de schiste, la ministre ne peut pas, dans un premier temps, accepter un moratoire (ce qui retarderait les travaux et les ententes à signer pour les explorateurs (sic)) et, dans un second, risquer que des études sérieuses en arrivent à la même conclusion qu'il faut stopper l'exploration et l'exploitation du gaz, dans la terre.

    Madame la ministre tente de nous faire croire que si elle était convaincue que l'industrie du gaz de schiste est dangereuse pour la faune, la flore et les humains, elle réagirait de la même manière, avec autant de sérieux, mais voilà, il n'est toujours pas question d'aller vérifier au cas où...

  • Mathieu Bouchard - Inscrit 2 octobre 2010 09 h 16

    Îles-de-la-Madeleine

    Les Îles-de-la-Madeleine sont probablement la région la plus fragile au Québec. Là-bas il y a plus long de plages que de routes, il n'existe pas aucun point qui soit à plus de 3 ou 4 km de la mer, et la région est complètement dépendante du tourisme et de la pêche. Si jamais il y a une catastrophe, c'est possible que 100% de la population sacre son camp, parce qu'il y aura rien d'autre à faire.

    Apparemment, le moratoire de Normandeau ne protège pas cette région.