Libre-échange: Van Loan ne s'inquiète pas pour la culture

Ottawa — Le ministre du Commerce international, Peter Van Loan, se dit confiant de pouvoir protéger l'exception culturelle dans l'accord de libre-échange qu'Ottawa négocie actuellement avec l'Union européenne (UE).

Dans une lettre ouverte publiée hier, le sénateur libéral Francis Fox a révélé que l'UE cherchait à diluer la portée d'une clause proposée par le Canada qui exclurait de l'accord les secteurs de l'édition, de la presse écrite, de la musique, du cinéma et de la radiodiffusion.

Trouvant cette clause trop large, l'UE voudrait la restreindre, selon M. Fox, aux seuls domaines du cinéma et de la télévision.

Interrogé sur le sujet hier, M. Van Loan n'a pas voulu commenter directement les pourparlers, mais il s'est tout de même permis un commentaire.

«Les sensibilités que nous avons avec l'Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) ne sont pas exactement les mêmes avec l'UE, a-t-il déclaré. Je ne pense pas que les Canadiens craignent que notre télévision, notre littérature ou d'autres pans de notre culture soient envahis par la prépondérance de, disons, la littérature lithuanienne.»

Le ministre s'est bien gardé de parler des puissantes industries culturelles des grands pays comme l'Allemagne, la France et le Royaume-Uni, qui exportent de plus en plus au Canada.

En raison des vives préoccupations du Canada sur la question, l'ALÉNA, entré en vigueur en 1994, ne couvre pas les différents secteurs culturels ainsi que les télécommunications.

Dans sa lettre, le sénateur Fox soutient que le gouvernement du Québec a proposé d'adjoindre au futur accord avec l'UE un protocole visant à favoriser les échanges culturels, la coproduction et la coopération entre les parties. Il estime toutefois qu'un tel protocole ne pourrait pas remplacer une solide clause d'exemption culturelle.