Couche-Tard exclu du CA de Casey's

Un coup fatal a vraisemblablement été porté à Alimentation Couche-Tard, qui nourrissait l'ambition de devenir la plus importante chaîne de dépanneurs en Amérique du Nord, les actionnaires de Casey's General Stores ayant accordé hier à leur conseil d'administration un important vote de confiance.

Les huit administrateurs sortants ont récupéré leurs sièges au conseil de Casey's, au terme du vote tenu à l'occasion de l'assemblée annuelle des actionnaires du détaillant, tandis que les candidats appuyés par Couche-Tard ont obtenu moins de 10 % des voix. Les actionnaires ont également rejeté les modifications aux statuts de la société proposées par l'entreprise québécoise, qui auraient pu l'aider dans sa tentative de prise de contrôle de la chaîne américaine de dépanneurs, établie dans l'État de l'Iowa, au coût de 38,50 $US par action, pour un total évalué à environ 2 milliards.

«Au nom du conseil et de l'équipe de direction de Casey's, je voudrais remercier les actionnaires de la compagnie pour leur énorme soutien», a déclaré dans un communiqué le chef de la direction de Casey's, Robert Myers, à la suite de l'assemblée à Ankeny, dans l'Iowa. «Nous apprécions la confiance accordée à chacun d'entre nous par les actionnaires de Casey's, et nous avons hâte de continuer de travailler en leur nom», a-t-il ajouté.

Les quelque 170 personnes ayant pris part à l'assemblée ont fortement applaudi à l'annonce des résultats faite par M. Myers, a indiqué le quotidien Des Moines Register.

«Je suis content», a déclaré au journal l'un des actionnaires, C.W. Pratt. La rencontre a été «moins mouvementée que je m'y attendais, mais je pense que tout s'est bien passé», a-t-il ajouté. «S'ils offrent jusqu'à 50 $ par action, je pourrais changer d'idée», a enfin affirmé M. Pratt.

Couche-Tard tente de mettre la main sur Casey's depuis environ six mois. L'entreprise de Laval estimait qu'un conseil d'administration plus sympathique à sa cause aurait permis d'éliminer les obstacles qui se sont dressés sur son chemin et d'entreprendre des négociations qui auraient mené à une transaction sans hostilité.

Le directeur financier de Couche-Tard, Raymond Paré, a assisté à l'assemblée afin de presser les actionnaires de chercher à obtenir un processus ouvert. Il a refusé de préciser si la compagnie entendait augmenter son offre. «Nous sommes ici, nous sommes réels, nous disposons de tous les fonds nécessaires», a affirmé M. Paré au quotidien de Des Moines, à la suite du vote. «Nous sommes un acheteur discipliné. La seule chose que nous attendons est de voir une offre formelle» de 7-Eleven, a-t-il ajouté.

7-Eleven a refusé de faire quelque commentaire que ce soit au sujet du vote. Le géant américain des dépanneurs, qui appartient à une société japonaise, a même refusé de confirmer son intérêt vis-à-vis de Casey's.

Certains analystes ont estimé ces derniers jours que le rejet des candidats de Couche-Tard pourrait être un obstacle de taille, voire insurmontable, pour sa proposition de 38,50 $US par action.

Le conseil de Casey's a refusé, à plusieurs reprises, de négocier une entente à l'amiable avec Couche-Tard et a adopté une série de mesures défensives dans le but de torpiller l'offre de 2 milliards. Selon le conseil de Casey's, l'offre de Couche-Tard est trop faible. Casey's a en outre entamé des pourparlers avec la chaîne rivale 7-Eleven, qui a lancé récemment une offre rivale préliminaire de 40 $US par action.