L'Irlande et l'Espagne subissent la fronde des investisseurs

Ravivant le spectre de la crise grecque, les titres de dette de l'Irlande et du Portugal ont été sévèrement sanctionnés hier par les investisseurs. Craignant un risque de défaut et le recours au fonds d'urgence mis sur pied conjointement par le FMI et l'Union européenne, les investisseurs ont poussé le coût de l'intérêt sur ces titres obligataires à des niveaux jamais vus depuis la création de l'euro, en 1999.

Donnant des signes de retour en récession, l'Irlande a connu des moments difficiles hier sur le marché financier. Un mouvement de délestage des titres obligataires a poussé le rendement exigé à des niveaux records depuis la création de l'euro. Le taux de rendement moyen atteignait 6,54 %, soit 425 points de base de plus que l'obligation baromètre de 10 ans du gouvernement allemand. Avant l'éclatement de la crise immobilière en 2007, les obligations irlandaises commandaient un taux de rendement similaire à celui de l'Allemagne.

L'Irlande occupe désormais le deuxième rang dans la liste des pays de la zone euro affichant un risque élevé de défaut. Cette liste est dominée par la Grèce, et le Portugal y occupe le troisième rang. Dans la foulée, le Portugal a également subi la sanction des marchés hier, les investisseurs estimant que le pays devra emprunter le chemin de l'austérité en raison d'une détérioration de la santé de ses finances publiques. L'obligation à dix ans s'échangeait au taux de rendement de 6,24 % hier, soit quelque 400 points de base de plus que la référence allemande.

À titre d'illustration, au sommet de la crise de la dette souveraine ayant frappé la zone euro le printemps dernier, la Grèce était contrainte à des taux de financement allant de 11 à 18 % selon les échéances.

L'Irlande a annoncé hier un revers inattendu de sa conjoncture économique au deuxième trimestre, ce qui est venu relancer les inquiétudes des marchés et du reste de la zone euro quant à la solvabilité du pays. Le PIB irlandais, qui avait renoué avec la croissance en début d'année après une grave récession, s'est contracté de 1,2 % par rapport au trimestre précédent, et de 1,8 % sur un an, selon des statistiques officielles.

La contraction au printemps de l'économie irlandaise est une grosse surprise pour les économistes, qui tablaient en général sur une croissance de 1 % sur le trimestre. Elle a relancé aussitôt les craintes sur la solidité à long terme des finances publiques du pays, en proie à un déficit colossal en raison des difficultés persistantes de ses banques, qui contraignent l'État à les renflouer à grands frais.

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Avec l'Agence France-Presse