L'équipe économique de Barack Obama se désintègre

24 novembre 2008. Barack Obama présente son équipe économique à l’occasion d’une conférence de presse à Chicago. Christina Romer (à gauche), chef du Conseil des consultants économiques, a quitté son poste l’été dernier. Lawrence Summers (à droite), premier conseiller économique du président, vient d’annoncer son départ prochain, de même que Herbert Allison. Avant eux, Peter Orszag, directeur du budget, avait démissionné.<br />
Photo: Agence Reuters John Gress 24 novembre 2008. Barack Obama présente son équipe économique à l’occasion d’une conférence de presse à Chicago. Christina Romer (à gauche), chef du Conseil des consultants économiques, a quitté son poste l’été dernier. Lawrence Summers (à droite), premier conseiller économique du président, vient d’annoncer son départ prochain, de même que Herbert Allison. Avant eux, Peter Orszag, directeur du budget, avait démissionné.

Deux jours, deux départs. Après la démission de Larry Summers à titre de conseiller économique de Barack Obama mardi, la journée d'hier a été marquée par la sortie d'une autre grosse pointure de l'administration: Herbert Allison, qui coordonnait le programme de sauvetage de 700 milliards lancé à l'automne 2008.

Ces deux annonces — faites alors que l'économie américaine peine à se redresser et à deux mois des élections cruciales de mi-mandat — surviennent dans la foulée de celles de Christina Romer, conseillère d'Obama, et de Peter Orszag, président du bureau du budget de la Maison-Blanche, qui ont démissionné le 3 septembre et le 30 juillet respectivement.

Tandis que M. Summers, secrétaire du Trésor sous Bill Clinton, va rentrer dans ses terres à Harvard, M. Allison, ancien patron de Merrill Lynch et de Fannie Mae, a invoqué des raisons familiales.

«J'ai jugé que l'heure était propice à ce que je démissionne de mon poste de sous-secrétaire adjoint à la stabilité financière», a écrit M. Allison dans un courriel adressé aux fonctionnaires mais qui a été remis à la presse. Il veut retourner dans le Connecticut pour passer du temps avec son épouse «qui n'a pas pu [le] rejoindre pendant [ses] deux ans passés à travailler à Washington».

Le secrétaire du Trésor, Tim Geithner, a longuement loué le travail de M. Allison hier en disant qu'il est «l'un des grands cadres des États-Unis» et que la tâche qu'avait acceptée M. Allison était tout simplement colossale.

Le programme de sauvetage, officiellement nommé Troubled Asset Relief Program (TARP), doit prendre fin le mois prochain. Jusqu'ici, 545 milliards ont été consacrés au sauvetage de divers établissements, desquels 201 milliards sont revenus dans les coffres de Washington. Au final, l'administration Obama estime que le programme se soldera par un coût de 66 milliards pour les contribuables.

Quant à M. Summers, économiste à la base, il traîne la réputation d'un personnage controversé que la presse politique américaine a souvent décrit comme un homme brillant mais abrasif. Professeur à Harvard, il en a aussi été le président de 2001 à 2006, quittant cette haute fonction après une série de scandales, une perte de confiance en son leadership et des commentaires malheureux concernant la place des femmes dans le milieu de la science et du génie.

Remplacement de Summers

Alors que M. Allison a été remplacé de façon intérimaire par un de ses subalternes, Tim Massad, la machine à rumeurs dressait déjà hier la liste de successeurs potentiels pour le poste de M. Summers. Selon le Wall Street Journal, celle-ci compte Anne Mulcahy, ancienne patronne de Xerox Corp, Diana Farrell, directrice adjointe du National Economics Council que présidait

M. Summers, et Laura Tyson, qui enseigne à l'University of California et qui a été conseillère économique de Bill Clinton.

Les marchés financiers n'ont aucunement réagi aux deux départs. Wall Street a terminé la séance sur une très légère baisse.

Le plan de sauvetage de 700 milliards adopté dans les derniers mois de l'administration Bush en 2008 tire à sa fin. Le programme TARP visait à alléger le fardeau des banques en leur achetant les titres les plus toxiques qu'elles avaient concoctés ou acquis dans la folie immobilière du milieu des années 2000.

Au fil du temps, toutefois, le programme a aussi été utilisé comme appui aux fabricants automobiles et aux ménages incapables d'honorer leurs paiements hypothécaires.

L'économie américaine ne s'est pas encore remise de la récession qui a officiellement pris fin à l'été 2009. Au cours du premier trimestre de 2010, elle a crû de 3,7 % sur une base annualisée. Au cours des trois mois suivants, la croissance était de 1,6 %. Le taux de chômage se situait à 9,6 % au mois d'août.
2 commentaires
  • oracle - Inscrit 23 septembre 2010 08 h 07

    Prudence est mère de sûreté !

    Les citoyens qui s'alimentent dans les grands médias américains vont assurément sursauter à la lecture de ce titre tapageur qui ne me semble absolument pas justifié par le contenu de l'article. Nulle part en effet nous n'y retrouvons les raisons profondes de ces départs. On aurait pu tout aussi bien annoncer : "Le président Obama renouvelle son équipe économique". Un sage n'a-t-il pas déjà conseillé que prudence est mère de sûreté ?

    Pierre-Michel Sajous

  • Godfax - Inscrit 23 septembre 2010 14 h 29

    Les rats quittes le navire

    Ce plan de renfloument est un véritablement scandale. Bien que le gouvernent eu raison de sauver les banques de dépot, renflouer les spéculateurs et racheter leurs actifs toxiques (avec l'argent des contribuable ou carrément la planche a billet) fut l'une des plus grande escrocie de notre époque. Les conseiller d'Obama pro-Wall Street et pro-austérité sont des criminels, des bandits. Directement apres les renfloument , ces interet financier on recomencer a spéculer de plus belle fabriquant de nouveau produit dérivé qui n'on rien a voir avec la production, rien a voir avec la science, rien a voir avec l'avenir réel. Si les banques on réussi a accumuler des capitaux, ce n'est pas parce que l'économie réel c'est redresser, cette haute finance ne met pas d'argent dans l'économie réel, elle vie dans le fantasme monétariste.

    A mon avis les État-Unis doivent faire une nouvelle enquette Pecora, mettre sous controle judiciere les mafieux de la finance, feuilleter tout les livre de comptes des banque pour séparer le toxique du bon et remettre le crédit sous controle publique.

    Vivement le retour a des politique Rooseveltienne; Banque d'état, crédit productif public, grand traveau d'intéret général (eau potable, énergie, transport, santé, éducation, recherche) lois fédéral interdisant l'évincement des propriétaire de leurs logements, rétablir le Glass-Steagall (séparer les banques de dépot et de financement) et protectionisme équitable.

    L'intéret général doit passer avant celui de Wall-Street, alors vite une nouveau JFK.