SNC-Lavalin pourrait revoir sa stratégie nucléaire

SNC-Lavalin envisage de modifier sa stratégie nucléaire, qui consiste actuellement à se concentrer pour l'essentiel sur les contrats de rénovation, si son offre d'achat d'Énergie atomique du Canada limitée (EACL) est acceptée.

La société d'ingénierie montréalaise a confirmé hier avoir déposé une offre pour faire l'acquisition de la société d'État, mais elle n'a pas voulu donner plus de détails à ce sujet, évoquant une entente de confidentialité.

SNC-Lavalin espère que le gouvernement fédéral annoncera d'ici la fin de l'année quelle offre remportera la société de la Couronne, a indiqué Leslie Quinton, porte-parole de l'entreprise.

«Entre-temps, nous avons une filiale active dans le secteur nucléaire qui se concentre principalement sur les contrats de rénovation au Canada et à l'étranger», a affirmé Mme Quinton dans un courriel.

«Si cette acquisition a lieu, nous pourrions revoir notre stratégie», a-t-elle ajouté.

Le gouvernement fédéral a annoncé l'an dernier la mise en vente du groupe des Services Candu d'EACL, qui offre des produits et services en vue d'aider les compagnies exploitant des réacteurs Candu à maximiser le rendement de leurs centrales.

Les analystes de l'industrie affichent un «optimisme prudent» dans ce dossier, jugeant que SNC-Lavalin ne court pas un risque excessif.

Neil Linsdell, de la firme Partenaires Versant, a dit croire que SNC-Lavalin pourrait tirer profit des relations établies grâce à ses activités menées en Algérie, en Russie, au Moyen-Orient et en Amérique du Sud pour faire avancer les affaires d'EACL, si jamais sa proposition est retenue.

«L'une des choses que SNC met sur la table, en plus de la logistique et de son savoir-faire, est son Rolodex», a-t-il déclaré lors d'un entretien.

M. Linsdell estime que la firme d'ingénierie est suffisamment importante pour faire concurrence aux principaux joueurs de l'industrie mondiale du nucléaire, mais il croit qu'elle procéderait à sa façon habituelle, en minimisant les risques associés aux projets.

De son côté, Frédéric Bastien, de Raymond James, soupçonne que l'offre de SNC-Lavalin pour EACL a été faite en partenariat avec d'autres joueurs.

«J'ai l'impression qu'ils n'agiraient pas seuls», a-t-il dit depuis Vancouver.

SNC a déjà exprimé par le passé son intérêt pour EACL. Le fait que l'entreprise ait déposé une offre d'achat n'étonne donc personne.

La filiale SNC-Lavalin Nucléaire est active dans le secteur nucléaire canadien depuis 1967. Elle fournit notamment des services d'ingénierie pour cette industrie et se spécialise autant dans les réacteurs Candu que ceux à eau sous pression.

EACL pourrait constituer une bonne occasion d'affaires pour SNC-Lavalin, dépendamment du prix, a pour sa part estimé Maxim Sytchev, de NCP Northland Capital Partners.

M. Sytchev a cependant dit croire que l'entreprise montréalaise fera face à la forte concurrence du groupe nucléaire français Areva, de certaines sociétés de placement avec des intérêts dans le secteur nucléaire ou encore de firmes d'ingénierie américaines, notamment.

Le cours des actions de SNC-Lavalin a terminé la séance de mardi à 50,07 $ à la Bourse de Toronto, en baisse de 25 cents par rapport à son taux de clôture précédent.