Statistique Canada - Léger recul de l'inflation au Canada en août

Ottawa — L'inflation canadienne a repris son mouvement à la baisse le mois dernier, après avoir affiché une hausse exceptionnelle en juillet en raison d'une hausse des taxes de vente dans trois provinces.

Les prix à la consommation ont retraité d'un dixième de point en août par rapport à l'an dernier, l'inflation s'étant établie à 1,7 pour cent, a annoncé mardi Statistique Canada. Les prix étaient aussi inférieurs d'un dixième de point de pourcentage à ceux observés au mois de juillet.

Les données sur l'inflation ont fait reculer le dollar canadien — qui a clôturé la séance en baisse de 0,24 ¢US à 97,12 ¢US —, ce qui pourrait vouloir dire que les marchés s'attendent de moins en moins à ce que le gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, ne hausse de nouveau son taux d'intérêt directeur le mois prochain.

«Les données plutôt douces du mois d'août devraient renforcer la thèse d'une pause de la Banque du Canada le mois prochain», a fait valoir l'économiste Krishen Rangasamy, de Marchés mondiaux CIBC.

«La principale inquiétude pour l'instant réside dans la faiblesse de l'économie américaine, et dans la possibilité que la croissance canadienne en souffre en conséquence — ce à quoi nous nous attendons. Cela devrait permettre à la Banque du Canada de rester immobile jusqu'au printemps.»

M. Carney a commencé à faire grimper le taux directeur de la banque centrale en juin, le faisant progressivement passer de 0,25 % à 1 %, à l'aide de trois hausses consécutives.

Mais l'économie a moins bien performé que ne l'avait prévu M. Carney depuis le premier trimestre, et des analystes s'attendent à ce que la croissance économique continue de ralentir.

L'inflation commence elle aussi à s'établir à de plus faibles niveaux que ceux annoncés dans les prévisions de la banque centrale.

Même si l'inflation est relativement près de la cible de 2 % préconisée par la banque centrale, ce niveau n'est pas représentatif des pressions sous-jacentes sur les prix.

Selon Statistique Canada, l'entrée en vigueur en juillet de la taxe de vente harmonisée en Ontario et en Colombie-Britannique, ainsi qu'une hausse de taxe en Nouvelle-Écosse, ont vraisemblablement ajouté 0,7 % au taux national — encore plus dans les provinces où ces changements ont eu lieu — un effet qui sera visible pendant une année complète.

Cela signifie qu'en faisant abstraction de cet élément extraordinaire, l'inflation annuelle se situerait aux environs de 1 %, soit son niveau de juin.

L'inflation de base — qui exclut les éléments les plus volatils comme les prix de l'essence et des aliments frais, ainsi que les taxes de vente harmonisées — est restée stable à 1,6 % le mois dernier, soit bien en deçà de la cible de 2 % de la Banque du Canada et des prévisions de la banque pour le troisième trimestre.

Déflation

Selon Douglas Porter, économiste en chef adjoint à la Banque de Montréal, le risque de déflation est plus important au Canada que le risque d'inflation en ce moment.

«La déflation est le plus important risque pour les économies industrialisées depuis quelque temps et c'est aussi vrai pour le Canada, dans une certaine mesure», a-t-il affirmé.

«En réalité, nos données sur l'inflation ne sont pas très différentes de celles aux États-Unis.»

M. Porter estime que la capacité excédentaire de l'économie et le niveau soutenu du taux de chômage — lequel, à 8,1 %, est supérieur d'environ deux points de pourcentage à son niveau pré-récession —, devraient empêcher les prix de grimper pour un moment.

L'effet de la taxe de vente harmonisée était évident sur la ventilation régionale de l'inflation, l'Ontario enregistrant le taux de plus élevé à 2,9 %, tandis que l'inflation de la Colombie-Britannique, à 1,5%, était la plus élevée des provinces de l'Ouest.

Dans l'ensemble, les prix ont grimpé pour sept des huit composantes de l'indice des prix à la consommation de Statistique Canada. Le secteur de l'énergie a affiché la plus importante inflation, ses prix ayant grimpé de 5 % par rapport à l'an dernier. Seule la composante de l'habillement et des chaussures n'a pas montré de hausse de prix.

Plus précisément, les prix de l'électricité ont augmenté de 7,7 %, ceux de remplacement de propriétaire de 5,5 %, ceux de l'assurance-automobile de 5,1 % et ceux des repas de restaurant de 2,5 %.

Les prix des aliments se sont aussi raffermis de 1,6 % le mois dernier, après avoir avancé de 1,1 % en juillet. Les coûts associés à la santé et aux soins personnels ont progressé de 3,5 %.

Les principales pressions déflationnistes sont venues de la composante des vêtements, qui a reculé de 2,2 %, mais aussi des coûts de l'intérêt hypothécaire (-3,8 %), des légumes frais (-4,2 %) et du transport par avion (-2,0 %).

Au Québec, l'inflation est restée stable (+0,6 %) en août. Le Manitoba a affiché la plus faible inflation des provinces, soit 0,3 %.