Du pétrole de schiste sur l'île d'Anticosti?

Un employé de Pétrolia effectue du forage sur une des propriétés de la compagnie d’exploration.<br />
Photo: Source: Pétrolia Un employé de Pétrolia effectue du forage sur une des propriétés de la compagnie d’exploration.

Si l'entreprise Pétrolia qualifie de «demi-succès» les résultats de l'exploration pétrolière menée sur l'île d'Anticosti au cours des derniers mois, elle pourrait bien avoir découvert des formations rocheuses très prometteuses contenant des réserves de pétrole... de schiste. Des tests supplémentaires devront toutefois être menés pour évaluer s'il existe bel et bien un potentiel d'exploitation.

En fait, des formations de ce type pourraient être présentes sur pratiquement toute la superficie de cette île située en plein coeur du Saint-Laurent, selon le président de Pétrolia, André Proulx. «C'est plus important que ce qu'on voit dans les gaz de schiste. C'est plus important en termes de dimensions. Et c'est du pétrole. Ce n'est pas du gaz. On ne parle pas des mêmes prix. On est sur une île, donc on ne pourrait pas exploiter le gaz, mais le pétrole, oui», a-t-il expliqué hier au Devoir.

Mais M. Proulx demeure très prudent: de nombreux tests devront être effectués avant de déterminer si le sous-sol d'Anticosti contient des réserves de «pétrole de schiste» et s'il serait possible de les exploiter. La société d'exploration pétrolière a d'ailleurs retiré au cours de l'été près de 30 mètres de «carottes de forage» à partir d'un puits creusé dans l'est d'Anticosti, dans la formation nommée «shale de Macasty». Les échantillons seront évalués en laboratoire et on devrait savoir «d'ici quelques mois» si ceux-ci font état d'un potentiel en hydrocarbures. Pétrolia a également procédé à des tests pour savoir s'il était possible de fracturer la roche sédimentaire de cette formation. «La réponse a été positive», a souligné M. Proulx.

Ressources recherchées

Chose certaine, a insisté le président de Pétrolia, ce type d'énergie fossile connaît une grande popularité en ce moment, même si les techniques pour l'extraire en sont encore au stade expérimental. «C'est la grosse donne actuellement.» Il a d'ailleurs expliqué qu'il revenait tout juste d'une rencontre tenue à Houston, au Texas, au cours de laquelle «60 % des conférences» portaient sur le pétrole de schiste. Selon lui, ce sont les ressources potentielles «les plus recherchées dans le monde parce qu'il y a une capacité de production à faible coût». Les réserves mondiales dépasseraient même celles du pétrole traditionnel. Mais les produits extraits du sol doivent subir diverses transformations avant d'être utilisables. On en connaît également peu sur leur impact environnemental.

Si le contexte d'Anticosti se révélait propice à une exploitation commerciale, Pétrolia serait en bonne posture pour tirer profit de la manne financière. «La partie la plus intéressante est que nous ne sommes que deux, Corridor Resources et nous. Et nous travaillons conjointement sur toute l'île», a-t-il précisé. Corridor et Pétrolia détiennent respectivement environ 3600 et 2400 kilomètres carrés de permis uniquement dans le secteur du «shale de Macasty».

Outre ces travaux, Pétrolia — qui contrôle un domaine minier de plus de 15 000 km2 — a travaillé à partir de deux autres puits sur la plus grande île de la province. Elle a ainsi découvert un réservoir ordinaire de très grande capacité, mais contenant de l'eau. Il en existerait toutefois d'autres sur Anticosti. «On sait qu'il a plusieurs réservoirs sur l'île. Il y en a certains qui sont déjà localisés. Il faudra donc reprendre nos campagnes de forage pour tenter d'en trouver un avec du pétrole dedans», a expliqué M. Proulx. Surtout qu'un seul de ses réservoirs permettrait possiblement de produire tout ce que l'entreprise espère un jour tirer du sous-sol de l'île, soit environ 5000 barils par jour.

Un total de 20 à 25 forages supplémentaires pourraient être réalisés sur cette île, considérée comme un paradis pour la chasse et la pêche. «Shell a déjà dit que l'île avait produit 30 milliards de barils. Ces barils sont quelque part. On ne peut pas croire qu'ils aient tous disparus. Mais ça ne veut pas dire qu'ils sont tous restés là», a-t-il dit.

Fait étonnant, les permis détenus aujourd'hui par le secteur privé ont été cédés par Hydro-Québec en 2008, en contrepartie d'une «redevance prioritaire» sur la production pétrolière. Hydro n'a pas précisé le montant de ladite redevance. La société d'État avait déjà effectué des forages exploratoires et des relevés sismiques sur Anticosti, mais, semble-t-il, sans succès.

Les choses progressent par ailleurs du côté de la Gaspésie, où Pétrolia détient des permis, dont celui de Haldimand. Le puits Haldimand no 1, situé à 1,5 kilomètre du port de Gaspé, produit une dizaine de barils de pétrole par jour sans stimulation. Un résultat très encourageant, au dire de M. Proulx, qui estime être en mesure de procéder à d'autres forages sous peu.

Si tous ses projets vont de l'avant, la pétrolière pourrait éventuellement produire 20 000 barils de pétrole léger par jour d'ici 2014, c'est-à-dire environ 5 % des besoins en or noir du Québec. Grâce à l'acquisition de droits d'exploration et à des ententes de partenariat, l'entreprise détient aujourd'hui un intérêt sur 18 % de tous les permis d'exploration de pétrole et de gaz délivrés au Québec.

Selon le Registraire des entreprises du Québec, le premier actionnaire de Pétrolia est Pilatus Energy AG, une compagnie qui a pignon sur rue en Suisse et dont le président réside aux Émirats arabes unis.
15 commentaires
  • François Ricard l'inconnu - Inscrit 8 septembre 2010 07 h 11

    Misère!

    En sept ans, le gouvernement Charest a réussi à donner aux financiers internationaux et notre gaz de schiste et notre pétrole. Et il est encore là pour deux autres années. Que nous restera-t-il alors après ces deux années? ....Ah oui, un stade non-rentable à Québec; un CHUM à construire à Montréal; des soins palliatifs inexistants. Quel héritage.

  • Régis Desrosiers - Inscrit 8 septembre 2010 07 h 27

    La véritable richesse

    Comment ça se fait que personne ne semble allumer que la véritable richesse c'est l'ile elle-même. 25 forages sur l'ile d'Anticosti ... c'est pas sérieux. On est pas en Alberta ici!

  • alen - Inscrit 8 septembre 2010 07 h 38

    @frankric

    Frankric vous avez oublié la Ville de Malartic et son or donnés à Osisko!

  • B Landry - Inscrit 8 septembre 2010 07 h 51

    Misère.... Plus

    @M. Frankric Les grands financiers sont déjà au CHUM, regardez qui en préside le conseil d'administration et de plus est nommé par le gouvernement Mme Hélène Desmarais, la conjointe de Paul Desmarais fils. Charest semble avoir du plaisir à trouver des membres de conseil d'administration dans le giron des Desmarais, rappelons-nous du la Caisse de Dépôt

  • Bernard R - Inscrit 8 septembre 2010 08 h 02

    le réveil va être dur

    Si les citoyens ne font rien et ne réagissent pas, on va tous trouver le réveil difficile car il faudra payer pour ses entreprises comme le fait actuellement dans le grand nord le fédéral avec nos taxes pour dépolluer le territoire. Vous êtes pas fatigué de payer pour des gouvernements innocents qui vendent nos ressources et notre tourisme a d'autres, l'ile d'Anticosti il faut le faire, de modifier ce territoire qui était protégé, rien n'y fait l'arrogance de Charest dépasse l'entendement, "j'ai le volant en main, qu'il dit" mais oui!....