Suspension des services des BlackBerry - RIM refuse tout compromis sur la sécurité

Le fabricant des téléphones intelligents BlackBerry, Research In Motion, a affirmé hier qu'il ne ferait pas de compromis en matière de sécurité des données afin de satisfaire les gouvernements de pays en voie de développement qui souhaitent garder un œil sur leurs ressortissants, malgré les nombreuses menaces de suspension des services associés à ses appareils.

Bien cela pourrait nuire à sa croissance dans les marchés émergents, RIM n'acceptera pas de porter atteinte à la confidentialité des usagers sans livrer bataille, ont indiqué des observateurs.

«Ça ne vaut pas la peine», a affirmé l'analyste Matthew Thornton, d'Avian Securities, ajoutant que la compagnie ontarienne de téléphones intelligents préférerait plutôt renoncer à un marché ou deux, alors qu'elle cherche à accroître sa présence au Moyen-Orient, en Afrique, en Chine et en Inde.

L'Arabie saoudite a ordonné aux opérateurs de téléphonie mobile du royaume de suspendre les services associés au BlackBerry, mettant en évidence les tensions entre le fabricant de l'appareil et les gouvernements de certains pays qui exigent d'avoir un meilleur accès aux données transmises par ce téléphone intelligent. Les Émirats arabes unis et l'Indonésie songent également à agir de la sorte, tandis que l'Inde souhaite aborder la question avec RIM.

«Je crois que ça se limite à des relations commerciales établies de moins longue date avec des pays où les tactiques et les pratiques gouvernementales sont peut-être un peu différentes», a indiqué M. Thornton depuis Boston.

RIM tente de mousser les ventes de son téléphone intelligent sur des marchés comme le Moyen-Orient, l'Asie et l'Amérique latine, alors que la concurrence avec le iPhone d'Apple et les appareils intelligents Android gagne en intensité au sein du marché nord-américain, qui est saturé.

M. Thornton a indiqué que les utilisateurs du Blackberry aux Émirats arabes unis et en Arabie saoudite ne représentaient qu'environ 2 % des millions d'abonnés aux services Blackberry dans le monde entier — et il a observé que jusqu'à présent, personne n'avait montré la porte à RIM.

«Il va y avoir de dures négociations et il y a probablement de nombreuses questions à régler, mais j'ai de la difficulté à imaginer qu'il n'y aura pas de règlement», a indiqué l'analyste.

RIM a indiqué hier n'avoir aucunement l'intention de faire quoi que ce soit pour porter atteinte à la confidentialité des usagers du BlackBerry, une des pierres d'assise de la réputation de la compagnie à travers le monde.

L'entreprise a ajouté qu'elle ne stockait pas de données chiffrées et qu'elle n'y avait pas accès, et qu'elle ne pourrait donc pas répondre favorablement à une demande pour une copie de la clé de chiffrement d'un abonné.

Le cours des actions de Research In Motion a terminé la séance d'hier à 54,24 $ à la Bourse de Toronto, en baisse de 2,53 $, ou plus de 4 %, par rapport à son précédent taux de clôture.