Banques européennes - Résultats inespérés, optimisme mesuré

La Lloyds de Londres est remontée dans le vert au premier semestre grâce à la diminution de moitié des dépréciations d’actifs.<br />
Photo: Agence France-Presse (photo) Shaun Curry La Lloyds de Londres est remontée dans le vert au premier semestre grâce à la diminution de moitié des dépréciations d’actifs.

Paris et Londres — Les aléas de la reprise économique et la perspective d'une nouvelle réglementation bancaire tempèrent l'optimisme des investisseurs après les résultats trimestriels supérieurs aux attentes publiés cette semaine par plusieurs grandes banques européennes.

Des reprises de dépréciations plus importantes que prévu ont compensé au deuxième trimestre le ralentissement constaté dans la banque d'investissement, pénalisée par les menaces d'une contagion de la crise de la dette souveraine grecque qui ont échaudé les investisseurs.

La Société Générale a fait état d'un profit près d'une fois et demie supérieur aux attentes, et Standard Chartered, qui opère principalement en Asie, a publié un résultat record.

Lloyds est remonté dans le vert au premier semestre grâce à la diminution de moitié des dépréciations d'actifs.

Fragilité et nervosité


Pour autant, les banques européennes ne se sont pas départies de leur prudence, notamment face aux conséquences des prochaines réformes prudentielles. Même si les délais pour l'application des ratios de solvabilité dits de «Bâle III» ont été repoussés, des craintes subsistent à leur sujet.

«Il y a de la fragilité dans l'économie mondiale et de la nervosité sur les marchés financiers», a expliqué John Peace, président de StanChart, ajoutant que les banques britanniques étaient particulièrement désavantagées par les règles concernant les rémunérations, l'imposition et la régulation financière.

La plupart des banques européennes qui publiaient leurs résultats mercredi ont suivi la tendance montrée lundi par BNP Paribas et HSBC avec une baisse du niveau des créances douteuses.

Néanmoins, si SocGen gagnait encore 0,6 % à la Bourse de Paris dans l'après-midi, StanChart perdait 6,3 % à Londres.

Les résultats trimestriels et la prudence des banques sont le prétexte à des prises de bénéfices, alors que l'attrait des investisseurs pour le secteur avait été accru par la publication, le 23 juillet, des résultats réconfortants des tests de résistance subis par les banques de l'Union européenne.

L'indice des valeurs bancaires européennes cédait 1,2 % hier après-midi, après avoir gagné plus de 20 % depuis début juillet contre 10 % environ pour l'indice paneuropéen Stoxx 600- et près de 9 % depuis la publication des tests de résistance.

«Les résultats montrent que les marchés émergents comme la Chine, l'Inde et le Brésil constituent des zones où l'on peut aller générer des activités intéressantes», a expliqué Ted Huang, gestionnaire du fonds Pinebridge Asia High Yield, après les résultats de StanChart.

Contre la tendance, l'allemande Postbank a relevé ses provisions pour dépréciations liées aux prêts immobiliers risqués et a révisé à la baisse ses objectifs.

L'irlandaise Allied Irish Banks, partiellement nationalisée, a également fait état d'un doublement de ses pertes au premier semestre tout en précisant avancer dans la voie de sa recapitalisation.

Ces deux établissements rejoignent l'italien UniCredit, premier organisme de crédit en Europe centrale et orientale, qui a publié mardi un bénéfice trimestriel nettement inférieur au consensus, affecté par une chute spectaculaire du revenu de trading.