Moody's abaisse à son tour la note du Portugal

Le premier ministre du Portugal, Jose Socrates, écoute son ministre des Finances, Fernando Teixeira dos Santos. Moody’s a abaissé la note souveraine du pays hier.<br />
Photo: Agence France-Presse (photo) Francisco Leong Le premier ministre du Portugal, Jose Socrates, écoute son ministre des Finances, Fernando Teixeira dos Santos. Moody’s a abaissé la note souveraine du pays hier.

Lisbonne — L'agence de notation financière Moody's a annoncé hier avoir abaissé de deux crans la note souveraine du Portugal, à A1 contre AA2, en raison de perspectives de croissance toujours relativement faibles et d'une détérioration de la situation des finances publiques.

Moodys's, qui avait annoncé le 5 mai envisager d'abaisser la note du Portugal, dit s'attendre à une détérioration «pour au moins deux ans encore» des paramètres de la dette, dont le poids par rapport au PIB devrait atteindre 90 % avant de se stabiliser.

«Cette décision était attendue [...] C'est une conséquence de la crise de ces dernières années», a déclaré depuis Bruxelles le ministre portugais des Finances, Fernando Teixeira dos Santos, dans des déclarations aux médias portugais. «Cela faisait douze ans que l'agence ne revoyait pas la note du Portugal [...] Moody's n'a fait que se mettre au niveau des autres agences. Elle a décidé de le faire plus tard, mais elle n'a fait que constater ce que d'autres agences avaient déjà constaté», a-t-il expliqué.

L'agence de notation, qui dit également rester «préoccupée par le potentiel de croissance à moyen terme», a assorti sa note d'une perspective stable. «C'est un signe de confiance dans les mesures du gouvernement», a souligné le ministre portugais.

Après l'agence Fitch qui avait dégradé en mars la note du Portugal de AA à AA-, Standard and Poor's avait abaissé de deux crans la note du Portugal le 27 avril, déclenchant la colère du gouvernement de Lisbonne. M. Teixeira dos Santos avait alors réagi à cette décision pour dénoncer une «attaque» des marchés.

Le Portugal, qui s'était engagé à ramener son déficit sous la barre des 3 % en 2013, a annoncé début juillet son intention de le faire dès 2012, soit un an plus tôt que prévu, grâce à la mise en oeuvre d'un programme d'austérité basé sur une réduction drastique des dépenses publiques.

À la suite de l'annonce en février d'un premier programme d'austérité essentiellement fondé sur une réduction des dépenses, le gouvernement a décidé à la mi-mai de procéder à une hausse générale des impôts, en accord avec le principal parti d'opposition.