La chute de l'euro pourrait servir les intérêts de CGI

Les malheurs de l'euro pourraient bien aider CGI dans sa chasse aux entreprises à acquérir, estime le géant montréalais des services informatiques.

«Nous ne sommes pas à vendre, nous sommes là pour acheter», a rappelé hier le président et chef de la direction de l'entreprise, Michael Roach, lors d'un déjeuner-causerie du Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM).

CGI a d'ailleurs procédé, au début du mois, à sa plus importante acquisition des dernières années en achetant la compagnie américaine Stanley pour un peu plus d'un milliard. Elle avait répété à cette occasion que son ambition était de doubler sa taille d'ici de trois à cinq ans en continuant notamment à faire des acquisitions aux États-Unis et en Europe de l'Ouest.

«Nous disposons toujours d'environ 600 millions en argent comptant et en crédits facilement accessibles, sans parler des 600 à 700 millions de fonds autogénérés que nous dégageons bon an mal an. Nous avons donc toute la capacité et la souplesse requises pour passer à l'action si une bonne occasion se présente à nous», a expliqué hier Michael Roach aux journalistes après sa conférence.

Or, la crise de la dette publique en Europe y a fait chuter le cours de l'euro par rapport au dollar canadien à son plus bas niveau en sept ans, a-t-il poursuivi. «Cela rend certaines cibles potentielles beaucoup plus intéressantes», a-t-il noté.

En achetant Stanley, l'un des principaux fournisseurs de services en technologies de l'information auprès du gouvernement américain, CGI a ajouté environ 900 millions à son chiffre d'affaires pour le porter à 4,5 milliards en plus de grossir ses effectifs de 26 000 à 31 000 employés. Presque la moitié de ses revenus proviennent désormais des États-Unis. La proportion est la même pour les services offerts aux gouvernements.

«Nous aimons beaucoup le secteur gouvernemental, a avoué Michael Roach. Les investissements y demeurent stables en dépit des cycles économiques.»

Regrettée Nortel

Le grand patron de CGI a profité de sa tribune au CORIM pour lancer un vibrant appel aux pouvoirs publics afin qu'ils défendent mieux le secteur des technologies et de l'innovation. Le Canada est riche en ressources naturelles, mais ce n'est pas une raison pour ne pas se préoccuper aussi de sa place dans l'économie du savoir et de ses graves problèmes en matière de productivité, de la formation de la main-d'oeuvre, de manque d'investissements et du peu d'intérêt des jeunes pour les sciences.

«L'un des problèmes que nous avons est qu'aussitôt qu'une entreprise atteint une certaine taille, elle est achetée par une compagnie étrangère, a déploré Micheal Roach. Il faudrait avoir plus d'entreprises, comme CGI, désireuses et capables de grandir et de devenir des joueurs mondiaux.»

«Je crois que, comme pays, nous avons pris une décision très étrange en laissant tomber Nortel, a-t-il noté. On y trouvait beaucoup d'innovation, beaucoup de technologies, beaucoup de gens très compétents, et ça va prendre beaucoup de temps avant que l'on puisse rebâtir le même type de présence au Canada.»

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