Réforme financière - Wall Street a échoué, dit Obama

Washington — Le président américain Barack Obama a affirmé hier que les tentatives de Wall Street de faire dérailler sa vaste réforme du système financier avaient «échoué», après un vote du Sénat ouvrant la voie à un vote final sur le texte.

M. Obama a assuré que le secteur financier avait essayé à de multiples reprises de bloquer cette remise à plat du système de régulation financière sans précédent depuis les années 1930, en utilisant des «hordes de lobbyistes» et en essayant de créer des «vides» juridiques. «Aujourd'hui, je pense qu'il est juste de dire que ces tentatives ont échoué», a déclaré M. Obama lors d'une allocution dans la roseraie de la Maison-Blanche.

Plus tôt jeudi, le Sénat avait bouclé ses débats par 60 voix contre 40 sur cette priorité législative du président Obama, ouvrant la voie à un vote final dans les prochaines heures, alors que les marchés financiers traversent une nouvelle période d'extrême nervosité.

Mercredi, un premier vote de clôture avait échoué à la chambre haute, les dirigeants démocrates du Sénat ayant été incapables de rassembler la majorité nécessaire pour mettre fin aux débats. Hier, ils ont obtenu le soutien décisif de trois républicains. Mais deux sénateurs démocrates ont à nouveau voté «non» car ils souhaitaient faire entendre leur voix dans le processus d'amendement. «Je félicite ces républicains raisonnables qui ont voté pour faire avancer ce projet de loi, mais je suis déçu par ceux qui ont voté pour permettre les arrangements habituels de Wall Street», a indiqué le chef de la majorité démocrate Harry Reid dans un communiqué après le vote.

M. Reid a ajouté qu'il espérait que davantage de républicains soutiendraient le texte lorsqu'il sera soumis à un vote final.

Le projet de loi, qui vise à éviter une nouvelle édition de la grave crise financière qui a culminé à l'automne 2008, prévoit notamment la création d'un organisme de protection du consommateur financier au sein de la banque centrale (Fed). Le texte empêche également le sauvetage de grandes institutions financières aux frais des contribuables.