Sun Life ne veut pas d'une taxe sur les banques

Donald Stewart, président et chef de la direction de la Financière Sun Life.
Photo: Agence Reuters Mark Blinch Donald Stewart, président et chef de la direction de la Financière Sun Life.

Toronto — Le président et chef de la direction de la Financière Sun Life, Donald Stewart, a ajouté sa voix à celles, de plus en plus nombreuses, qui s'opposent aux nouvelles règles financières proposées par différents gouvernements de la planète, estimant qu'elles pourraient nuire aux institutions financières canadiennes, déjà rigoureusement réglementées.

«Ce serait ironique si le Canada, un pays qui est sorti de la crise financière en meilleure santé que d'autres, devait se retrouver désavantagé par de nouvelles règles internationales provenant de l'extérieur du pays», a déclaré M. Stewart aux actionnaires de la Sun Life, hier, lors de l'assemblée générale de l'entreprise, à Toronto.

Les scénarios envisagés pourraient exercer un impact négatif sur l'industrie canadienne des services financiers, a affirmé M. Stewart, qui s'y oppose à l'instar de ses homologues de la Banque TD, de la Banque Royale et de la Corporation Financière Power, tout comme le gouvernement fédéral.

Le premier ministre Stephen Harper s'oppose catégoriquement depuis le début à la création d'une nouvelle taxe sur les banques, qui servirait à créer un fonds de sauvetage des institutions bancaires en difficulté. L'Union européenne (UE) et le Fonds monétaire international (FMI) affirment tous deux qu'une telle mesure permettrait de réduire les probabilités d'un effondrement du système bancaire à l'avenir.

Le Canada, qui sera l'hôte des sommets du G8 et du G20, le mois prochain, estime qu'une taxe internationale sur les banques punirait les banques canadiennes en dépit de leur solide performance durant la crise financière des deux dernières années.

Même si la Sun Life ne serait pas directement affectée par une telle mesure, «il est difficile de voir de quelle façon cela pourrait favoriser le Canada», a indiqué M. Stewart.

Les réglementations actuellement en place au pays sont admirées dans les milieux mondiaux des services financiers, a-t-il dit. «Je crois que la crise financière a très bien positionné les institutions financières canadiennes vis-à-vis des autres institutions financières internationales», a déclaré M. Stewart. «Toutes les questions qui me sont posées [...] sont 'quels sont les secrets du succès des institutions financières canadiennes?' contrairement à des critiques de quelque sorte que ce soit», a-t-il ajouté.

Par ailleurs, le dirigeant de la Sun Life a indiqué que son entreprise collaborait avec le gouvernement fédéral et les autorités de réglementation dans le but de se préparer aux défis que pourraient poser de nouvelles règles internationales.

M. Stewart a également affirmé que la société d'assurance n'était pas exposée directement à la crise de la dette qui fait actuellement rage en Grèce. La firme est cependant exposée aux marchés financiers du Royaume-Uni et de l'Irlande.

Il a enfin indiqué que la Sun Life faisait preuve d'un «optimisme prudent» en ce qui a trait à l'état de l'économie en Amérique du Nord, mais qu'elle demeurait incertaine quant à la reprise économique mondiale.