Filiale asiatique d'AIG - Prudential donne les détails du plan de rachat

Londres — Le groupe d'assurance britannique Prudential a annoncé hier, avec douze jours de retard sur le calendrier initial, les détails de l'augmentation de capital de 14,5 milliards de livres (22 milliards $CAN) qui lui servira au rachat d'AIA, filiale asiatique d'AIG.

Avec un total de 35,5 milliards $US, il s'agit du plus gros rachat jamais annoncé dans le secteur de l'assurance. L'augmentation de capital elle-même est la plus grosse jamais réalisée en vue d'un rachat, selon les calculs du cabinet Dealogic.

Le groupe, qui devait présenter ces détails le

5 mai, avait dû en reporter l'annonce en raison d'hésitations de la FSA, régulateur des marchés britanniques, à laisser faire une opération d'une telle envergure, et la FSA avait demandé des garanties supplémentaires.

Prudential a par ailleurs annoncé la nouvelle date du 25 mai pour ses introductions en Bourse à Hong Kong et Singapour, initialement annoncées le 11 mai, mais qui avaient également pâti du report de toute l'opération.

Le groupe a enfin indiqué hier avoir enregistré un record de nouvelles ventes au premier trimestre, à 807 millions de livres. L'augmentation de capital se fait à 104 pence par actions, soit un rabais de 80,8 % par rapport au prix de clôture de l'action Prudential vendredi. Les actionnaires pourront recevoir 11 nouvelles actions pour deux actions existantes.

AIG s'est par ailleurs engagé, dans le cadre des mesures prises pour apaiser les craintes de la FSA, à souscrire pour 1,875 milliard de dollars de capital hybride émis par Prudential.

Le président de Prudential, Harvey McGrath, a estimé que la fusion «représentait une occasion unique pour Prudential et ses actionnaires», qui leur apportera «d'excellents retours. Nous créons le premier assureur-vie dans la région du monde qui connaît la plus forte croissance», a-t-il dit.

Le directeur général franco-ivoirien, Tidjane Thiam, a estimé de son côté que le groupe avait «l'équipe de direction, le talent et la discipline nécessaires» pour réussir l'opération et atteindre les objectifs annoncés, notament des synergies de coûts de 370 millions de dollars d'ici à 2013.

Le groupe n'a pas annoncé de cession de ses opérations au Royaume-Uni et aux États-Unis, contrairement à ce que certains commentateurs attendaient.

AIG, l'assureur américain nationalisé à 80 % depuis que les autorités américaines avaient dû lui apporter 170 milliards de dollars pour le sauver de la faillite dans la foulée de la crise financière, avait préféré vendre à Prudential début mars, alors qu'un projet d'introduire AIA à la Bourse de Hong Kong était déjà bien engagé.