Analyse technique - Inquiétudes sur la croissance européenne

La Bourse de Toronto a retraité hier, inquiétée par les importantes réductions des dépenses annoncées par les pays européens aux prises avec de lourdes dettes, des décisions qui pourraient ralentir la reprise économique mondiale.

L'indice composé S&P/TSX a retraité de 101,62 points pour clôturer à 12 014,97 points. Le dollar canadien a chuté de 1,06 ¢US à 96,93 ¢US, tandis que le cours du pétrole brut a perdu 2,79 $US à 71,61 $US le baril.

La moyenne Dow Jones des valeurs industrielles a retraité de 162,79 points à 10 620,16 points, tandis que l'indice composé du Nasdaq a perdu 47,51 points à 2346,85 points et que l'indice élargi S&P 500 a lâché 21,76 points à 1135,68 points.

Sur la semaine, la Bourse de New York a plutôt rebondi, mais la chute de l'euro et les interrogations sur la situation économique en Europe, qui devraient rester en tête des préoccupations des investisseurs, ont remis le marché sur la pente descendante.

«La bonne nouvelle, c'est que l'Union européenne a répondu aux problèmes de dette souveraine de la Grèce et que le marché s'en est réjoui lundi», rappelle John Wilson, de Morgan Keegan. «La mauvaise nouvelle, c'est la prise de conscience que les mesures d'austérité associées au règlement de la situation de la Grèce ralentiraient certainement la croissance et auraient un effet boule de neige», ajoute-t-il.

La hausse enregistrée sur la semaine ne reflète pas le ton pessimiste sur lequel Wall Street a terminé hier. En cinq séances, l'indice Dow Jones a progressé de 2,3 %, mais principalement grâce à un bond de près de 4 % lundi, au lendemain de l'adoption d'un plan d'urgence colossal par l'Union européenne pour faire face à la crise budgétaire qui la menace.

Le Nasdaq, à dominante technologique, a gagné 3,6 % et l'indice élargi Standard and Poor's 2,2 %.

La chute de la monnaie unique européenne, revenue à des niveaux qu'elle n'avait plus connus depuis la fin d'octobre 2008, a pesé lourd. Recul des marchés de matières premières, recul des valeurs financières de crainte que la crise budgétaire ne se répercute sur les banques, réévaluation des prévisions de croissance en zone euro et conséquence pour les entreprises américaines...

«On s'est trouvés à des niveaux d'achats exagérés dès la fin d'avril, le marché était voué à une correction. Et sur ce, les questions se sont accumulées» au sujet de la zone euro, observe Gina Martin, de Wells Fargo Securities. «L'évolution du marché pourrait changer, vu la solidité des données économiques», tempère toutefois l'analyste.

La semaine prochaine fournira une nouvelle série d'indicateurs, en particulier sur l'inflation. Seront publiées les minutes de la dernière réunion du comité de politique monétaire de la banque centrale américaine. Elles seront précédées mardi des mises en chantier de logements en avril et suivies jeudi de l'indice composite de l'activité économique pour le même mois.