Les malheurs de la Grèce inquiètent Mark Carney

Ottawa — Le gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, prévient les pays du G20 de ne pas sous-estimer les répercussions possibles de la crise financière en Grèce et dans d'autres pays, puisque cela pourrait avoir un impact sur la relance économique mondiale.

M. Carney a expliqué à un comité du Sénat sur les banques, jeudi, qu'il ne croit pas que la situation puisse déclencher une seconde récession, mais elle pourrait freiner la reprise.

Si les marchés répondent à la dette grecque en rehaussant les taux d'intérêt, M. Carney prévient que cela aura un impact sur la croissance canadienne.

«La situation est grave», a-t-il dit, avant d'ajouter que si les mesures appropriées ne sont pas prises, «on peut s'attendre à une hausse des taux d'intérêt à plus long terme sur la scène mondiale».

«La situation fiscale du Canada compte parmi les meilleures, (donc) nous nous en tirons mieux que d'autres, mais nous ressentirons la hausse des taux d'intérêt mondiaux, et cela nuira à l'investissement et à la croissance dans ce pays», a-t-il ajouté.

M. Carney a dit au comité sénatorial qu'il est encouragé par les discussions qu'il a eues avec les dirigeants européens. Il a dit croire que la communauté européenne et le Fonds monétaire international trouveront une solution à la crise grecque.

Il a toutefois prévenu que le problème est plus large que la seule Grèce et ne concerne pas uniquement la nécessité pour les pays industrialisés de commencer à dégonfler leurs dettes — qui, dans certains cas, sont aussi grosses que toute leur économie.

Les pays industrialisés, a dit M. Carney, doivent faire comprendre à la Chine et à d'autres puissances émergentes que le système ne pourra fonctionner tant qu'elles n'ajusteront pas leurs devises et qu'elles ne joueront pas un rôle plus important pour stimuler la demande mondiale.