La banque centrale exagère le risque inflationniste, selon la CIBC

Ottawa — La Banque CIBC exprime ses doutes au sujet de l'analyse faite par la Banque du Canada au sujet de la performance économique du pays.

La CIBC croit possible que la banque centrale surestime la menace potentielle de l'inflation et craint qu'elle soit trop disposée à commencer à augmenter ses taux d'intérêt — en particulier parce que la valeur du dollar est trop élevée et que les dépenses du gouvernement sont en chute.

L'économiste en chef de la CIBC, Avery Shenfled, affirme dans une analyse que la dépendance de la banque centrale à l'écart de production — mesure de la capacité économique inutilisée — pourrait donner une fausse idée des pressions inflationnistes. Selon lui, l'écart de production ne constitue pas une mesure précise.

La semaine dernière, le gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, a fortement laissé entendre qu'il se préparait à augmenter les taux d'intérêt, peut-être même dès sa prochaine annonce du taux directeur, prévue le 1er juin.

Dans un rapport distinct, Peter Buchanan, également économiste à la CIBC, estime que les entreprises canadiennes sont bien positionnées pour faire face aux futures hausses des taux d'intérêt, mais qu'elles sont menacées par la valeur élevée du dollar.

Les entreprises profitent des niveaux d'endettement affichant des «creux records», qui les placent en meilleure position que les ménages canadiens face aux hausses à venir des taux.

Selon le rapport de M. Buchanan, les paiements du service de la dette des entreprises représentent aujourd'hui environ 30 % du total des bénéfices d'exploitation, alors qu'ils étaient de 100 % ou plus au moment de la récession de 1990-1991.