La Banque du Canada s’inquiète des répercussions de la crise en Grèce

Le gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, prévient les pays du G20 de ne pas sous-estimer les répercussions possibles de la crise financière en Grèce et dans d’autres pays, puisque cela pourrait avoir un impact sur la relance économique mondiale.

M. Carney a expliqué à un comité du Sénat sur les banques, aujourd’hui, qu’il ne croit pas que la situation puisse déclencher une seconde récession, mais elle pourrait freiner la reprise.
Si les marchés répondent à la dette grecque en rehaussant les taux d’intérêt, M. Carney prévient que cela aura un impact sur la croissance canadienne.

«La situation est grave», a-t-il dit, avant d’ajouter que si les mesures appropriées ne sont pas prises, «on peut s’attendre à une hausse des taux d’intérêt à plus long terme sur la scène mondiale».

«La situation fiscale du Canada compte parmi les meilleures, (donc) nous nous en tirons mieux que d’autres, mais nous ressentirons la hausse des taux d’intérêt mondiaux, et cela nuira à l’investissement et à la croissance dans ce pays», a-t-il ajouté.

À Gatineau, le premier ministre Stephen Harper a lui aussi évoqué la crise grecque à l’occasion d’un discours devant des gens d’affaires du G20, déclarant que la situation doit servir de leçon aux autres gouvernements.

«La crise grecque nous rappelle que les emprunts gouvernementaux et la dette du gouvernement ne peuvent être illimités», a dit M. Harper.

Le Canada sera l’hôte cet été des sommets du G8 et du G20, qui rassembleront les dirigeants des principales économies de la planète.

M. Carney a dit au comité sénatorial qu’il est encouragé par les discussions qu’il a eues avec les dirigeants européens. Il a dit croire que la communauté européenne et le Fonds monétaire international trouveront une solution à la crise grecque.

Il a toutefois prévenu que le problème est plus large que la seule Grèce et ne concerne pas uniquement la nécessité pour les pays industrialisés de commencer à dégonfler leurs dettes — qui, dans certains cas, sont aussi grosses que toute leur économie.

Les pays industrialisés, a dit M. Carney, doivent faire comprendre à la Chine et à d’autres puissances émergentes que le système ne pourra fonctionner tant qu’elles n’ajusteront pas leurs devises et qu’elles ne joueront pas un rôle plus important pour stimuler la demande mondiale.

Le Canada, les États-Unis et d’autres se plaignent depuis longtemps que les pays asiatiques entretiennent la faiblesse de leurs devises pour gonfler leurs exportations au détriment des autres économies industrielles, surtout en Amérique du Nord et en Europe.

M. Carney a aussi mis en lumière la nécessité pour le G20 d’adopter des mesures de réforme du système bancaire international, qui a joué un rôle central dans la récession de 2008-2009.