Agence réglementaire pancanadienne - L'agence unique est une menace à l'emploi au Québec, dit l' AMF

Jean St-Gelais
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Jean St-Gelais

Après avoir longtemps affirmé que le projet fédéral de remplacer les agences réglementaires provinciales par un bureau pancanadien repose sur des mythes et rien d'autre, l'Autorité des marchés financiers (AMF) a ajouté hier à ses arguments que ce vieux rêve centralisateur de Bay Street est une menace directe aux emplois du secteur financier québécois.

Le p.-d.g. de l'AMF, qui n'a jamais autant mis l'accent sur l'impact économique du projet, a déclaré que la présence d'une organisation comme la sienne non seulement assure l'encadrement de l'industrie locale, mais peut aussi offrir du soutien aux entreprises, ce qui ne serait pas le cas si les décisions étaient téléguidées depuis un gratte-ciel à Toronto.

«Que se passerait-il lorsqu'une PME faisant de l'exploration minière en Abitibi aurait à régler rapidement une situation délicate liée au financement d'activités cruciales pour sa survie? Elle devrait réussir à trouver la bonne personne dans les dédales de la nouvelle agence à Toronto. Et dans quelle langue pensez-vous que ça se passerait?», a dit Jean St-Gelais lors d'une allocution devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

«Les modèles d'affaires des entreprises québécoises peuvent diverger de celui d'autres provinces. Il existe sans aucun doute pour les firmes un avantage d'être à proximité d'un régulateur qui comprend leurs préoccupations», a-t-il ajouté.

La semaine dernière, le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, a fait savoir que le projet de loi érigeant la structure d'un nouveau régime canadien sera prêt avant la fin du mois de mai. Il sera alors soumis à la Cour suprême pour un avis juridique, Ottawa voulant démontrer que la Constitution lui donne bel et bien le loisir d'agir ainsi.

Alors que le Québec, le Manitoba et l'Alberta s'opposent au projet pancanadien, l'Ontario et la Colombie-Britannique sont en faveur. Les autres provinces ne se sont pas prononcées. En juin 2009, Ottawa, qui trouve l'actuel système fragmenté et gênant, a mis sur pied un «bureau de transition» pour coordonner la création de la nouvelle structure nationale.

M. St-Gelais a rappelé les récentes statistiques selon lesquelles le Québec a perdu 8000 emplois de nature financière entre 1991 et 2008. Pendant ce temps, l'Ontario en a ajouté 52 000, l'Alberta en a ajouté 20 000 et la Colombie-Britannique, 15 000. En 2008, dans son ensemble, le secteur financier employait 155 000 personnes au Québec, dont les deux tiers étaient à Montréal. C'est sans compter les emplois indirects, qui font grimper le bilan à 300 000.

Le budget du Québec, dévoilé en mars, a estimé que l'industrie «gagnerait d'une meilleure cohésion» et que Québec appuierait une table de concertation pour examiner l'état des lieux.

«Alors qu'il est clair que la présence d'une place financière forte constitue un élément important pour le développement économique, il est inquiétant de constater que Montréal soit en perte de vitesse, comparée aux autres places financières canadiennes, tout comme le secteur financier québécois par ailleurs», a dit M. St-Gelais.

La métropole compte d'importants acteurs, comme le Mouvement Desjardins et la Caisse de dépôt et placement. Le milieu de la finance a aussi développé une expertise dans le monde des produits dérivés, laquelle est devenue le créneau de prédilection de la Bourse de Montréal.

Malgré ces points forts et bien d'autres, il est difficile de déterminer les variables ayant entraîné cette présumée perte de vitesse de Montréal, a dit M. St-Gelais lors d'un bref point de presse.
2 commentaires
  • Franfeluche - Abonné 28 avril 2010 08 h 00

    Et la liste s'allonge !

    Ce dernier projet de centralisation s'ajoute à liste des décisions économiques qui vont à l'encontre des intérêts du Québec. Mais, vont nous dire les fédéralistes inconditionnels, nous sommes chanceux puisque nous recevons de la péréquation
    et que cela fait en sorte que nous recevons plus du fédéral que nous en donnons.
    Foutaise !

  • Donald Bordeleau - Abonné 28 avril 2010 22 h 19

    Encore une drôle de décision.

    Le Minotaure ( peuple ) aura-t-il raison de sept filles vierges et de sept ministres qui défendent Monsieur Jean Charest. Mais Madame Kathleen Weil a commis encore un faux pas. Le Minotaure aura-t-il raison des 13 autres ministres. Des rumeurs assassinent en perspective incontrôlable. Mais il semble que maintenant les député(e)s du PLQ seront fermé(e)s comme des huîtres.

    Pas facile de sortir d'un labyrinthe, mais Minos allias Desmarais aidera à trouver peut-être le bout du fil et la pelote.

    Afin de calmer le jeux, le premier ministre fera encore le ''cach' l'ambroule''comme un professionnel sait le faire.

    Des économies de 63 % en serrant la ceinture, pas possible selon les données actuelles.

    Pour y arriver, il faudra virer environ 8,000 fonctionnaires des agences de santé. Le système est très lourd depuis la formation des agences, avec une démotivation fulgurante des employés. Il faut rencontrer 4 personnes avant d'avoir une réponse, un vrai bordel. Économie de 500 millions.


    Aussi pour y arriver, il faudra abolir les commissions scolaires et redonner le contrôle de l'éducation aux écoles. Les municipalités et MRC sont bien capables de s'occuper du transport scolaire et de l'entretien des batiments. Économie de 400 millions. Réduire les subventions aux écoles privées. Économie de 400 millions en 4 ans. Se débarrasser des contractuels qui sirottent leur café en conseillant les ministères. Et des économies de 80 millions en 4 ans pour ces ronds de cuir.

    Départ de la Bourse de Montréal pour Bay Street.

    Perte de 10 milliards pour la CDPQ et Desjardins dans l'aventure des PCCA avec les manigances de la firme de notation DBR sous les offices de Bay Street. Toronto qui rie bien des FROGS.

    Maintenant on va laisser aller l'AMF sous l'impulsion de Monsieur Clément Gignac vers Toronto et les emplois avec.

    Qui aura le courage de remettre de l'ordre devant tous les cafouillages de dépense comme à la CDPQ de 15 millions pour des conseils par des firmes fortement douteux dans leur analyse, alors que la boîte est pleine de 35 nouveaux conseillers payer à prix d'or.

    C'est le comble de l'incompétence. Les amis du régimes gèrent la boite avec des firmes.

    Facile de perdre confiance envers ce gouvernement importer du conseil privé d'Ottawa pour ce type de gestion a courte vue pour une retraite dorée dans 4 ans.

    Chacun mange au ratelier en toute impunité, désolant.

    Les vrais champions de l'économie sont vraiement dans le giron du PLQ diraient les inconditionnels du fédéraliste.