La croissance au Québec sera beaucoup plus forte que prévu

Les récentes données sur l’emploi, les mises en chantier et le marché immobilier laissent entrevoir une croissance plus forte que prévu au Québec.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Les récentes données sur l’emploi, les mises en chantier et le marché immobilier laissent entrevoir une croissance plus forte que prévu au Québec.

Le départ en force de l'économie québécoise force les prévisionnistes à refaire leurs calculs. Les cibles pour le Québec en 2010 sont donc revues en forte hausse, même si un retour à une croissance plus modérée est attendu pour le deuxième semestre, et malgré la persistance de nombreux risques.

Dans sa dernière mise à jour, le Mouvement Desjardins a révisé à la hausse la cadence de l'activité économique au Québec cette année. Initialement prévu à 2,4 %, le taux de croissance du PIB québécois cette année devrait plutôt atteindre la barre des 3 %. Les économistes du mouvement coopératif appuient leur nouvelle projection sur la poussée produite par une fin d'année 2009 «plutôt impressionnante avec un PIB réel en hausse de 5,2 %».

Le rythme s'est maintenu en janvier. Selon les données de l'Institut de la statistique du Québec, l'augmentation du PIB a été de 0,9 %, contre 0,6 % au Canada, soit une cinquième hausse mensuelle consécutive. Par rapport à janvier 2009, la progression du PIB québécois s'est chiffrée à 1,9 %, contre 1,3 % au Canada.

«Les récentes données de l'emploi, des mises en chantier et du marché immobilier indiquent une embellie généralisée de l'économie québécoise. Les résultats du premier trimestre s'annoncent donc tout aussi positifs que ceux du dernier trimestre de l'année dernière», ont souligné les économistes du Mouvement Desjardins, qui tablent cependant sur une deuxième moitié d'année plus modérée.

La nouvelle cible de croissance de 3 % du PIB québécois en 2010 se compare à celle, également révisée à la hausse (de 3 à 3,3 %), retenue pour le PIB canadien. Elle s'inscrit dans un contexte de reprise généralisée à l'échelle mondiale, alimentée par l'arrivée de pays comme les États-Unis en phase d'expansion.

Dans ses projections, Desjardins table sur un statu quo monétaire aux États-Unis cette année, avec une première hausse du taux cible à un jour au premier trimestre de 2011. De ce côté-ci de la frontière, la Banque du Canada doit s'engager dans un resserrement dès ce trimestre, avec une première remontée du taux directeur de 25 points, à 0,5 %. Ce taux cible devrait atteindre 1,5 % en fin d'année, et 2,5 % au deuxième trimestre de 2011, poussant l'écart avec le taux sur les prêts au jour le jour de la Réserve fédérale à 150 points de base.

Les analystes supposent toutefois l'absence de choc imprévu. Dans leurs éléments de risque, ils retiennent cette vigueur de la croissance de la Chine qui inquiète les autorités, «qui tentent d'instaurer des mesures contraignantes pour limiter la spéculation et ralentir la demande de crédit. Le marché immobilier dans ce pays est, selon certains, en pleine surchauffe». La détérioration des finances publiques n'est également pas sans provoquer des distorsions. «Les difficultés vécues par la Grèce montrent bien les dangers liés au surendettement des pays souverains et ses effets possibles sur l'économie réelle», ont-ils souligné.