Êtes-vous vraiment bien assuré ? - Il faut refaire annuellement l'évaluation de ses biens

À partir du moment où on demeure quelque part ou qu'on possède une automobile, on a tous intérêt à s'assurer contre le vol et les dommages de toute nature qu'on risque de subir. Mais encore faut-il être adéquatement assuré. Qu'arriverait-il dans le cas contraire?

Par exemple, qu'arrive-t-il si votre résidence est la proie des flammes et que vous n'êtes pas suffisamment assuré? Que se passe-t-il si votre ado a un accident au volant de votre automobile, mais que votre assureur ignorait que celui-ci la conduisait de temps à autre?

Non seulement faut-il bien s'assurer mais, surtout, il importe d'aviser votre assureur de tout changement survenant dans votre vie. «Le printemps est le moment propice pour assurer ses valeurs, certains déménagent, d'autres renouvellent leur assurance automobile, nous dit Maya Raic, présidente-directrice générale de la Chambre de l'assurance de dommages (ChAD). C'est le bon moment de se poser certaines questions concernant les changements dans sa vie.»

Par exemple, il se peut que, le printemps venu, vous permettiez à votre ado de prendre le volant de votre voiture. Il se peut aussi que vous emménagiez avec quelqu'un. Ou peut-être déciderez-vous de vous procurer de nouveaux biens (un cinéma maison, par exemple) ou d'installer une chaîne stéréo haute performance dans votre auto, sinon même d'améliorer votre résidence en y ajoutant une piscine ou un spa... Dans tous les cas, il est essentiel d'en aviser votre assureur afin d'être protégé en cas de sinistre. Vous devriez même l'aviser si la nature de votre emploi change!

Il convient donc de vous demander quels changements sont survenus dans votre vie au cours de la dernière année.

Risques à assurer

«Si votre adolescent peut désormais conduire votre automobile, il est très important d'en aviser votre assureur, insiste Carole Chauvin, syndic de la ChAD. De même, si vous venez de changer d'emploi et si celui-ci vous amène à vous déplacer dans le cadre de vos fonctions, votre assurance doit être modifiée en fonction des nouveaux risques à couvrir.»

Autrement, poursuit-elle, il pourrait survenir de tristes situations. «Il y a, dans le Code civil, des sections très précises qui permettent à l'assureur de ne pas vous indemniser pleinement s'il n'a pas été informé de tous les risques encourus.» Par exemple, dans le cas d'un jeune qui conduit votre auto sans que l'assureur en ait été informé, celui-ci pourrait ne vous indemniser qu'en partie seulement. «C'est une situation très désagréable que nous voulons à tout prix éviter, insiste la syndic de la Chambre. C'est pourquoi nous cherchons à ce que les assurés développent le réflexe de rapporter tout changement à leur professionnel de l'assurance, et ce, dès qu'il y a un changement. Ce peut être quelque chose d'aussi banal que l'ajout d'une chaîne stéréo à sa voiture, un équipement qui fait augmenter la valeur du véhicule.»

«Il est donc important de se poser toutes sortes de questions, enchaîne Mme Raic, et c'est pourquoi la Chambre a bâti un outil afin de vous aider à vous poser les bonnes questions. Cet outil éveille les assurés aux changements potentiels qui se produisent durant l'année, afin que, au moment du renouvellement de la police d'assurance, on en fasse part au professionnel, qui va alors offrir l'assurance la plus adéquate.»

Au feu !

Imaginons que vous soyez propriétaire d'une maison et que vous soyez assuré pour 250 000 $. De plus, vos biens personnels sont assurés pour 25 000 $. Êtes-vous convenablement assuré?

Il faut d'abord savoir que, en additionnant la valeur de tous les biens, vous verrez que le total monte rapidement et qu'il est par conséquent facile de dépasser les 25 000 $. De surcroît, votre assureur ne vous versera pas automatiquement la somme de 250 000 $ après la destruction de votre maison.

Comme le relate Carole Chauvin, il ne s'agit pas dans ce cas-ci d'un capital assuré (comme une assurance vie). «En assurance de dommages, dit-elle, il s'agit de reconstruire votre propriété sur les mêmes lieux avec les mêmes matériaux — dans la mesure du raisonnable.» Il faut donc reconstruire pour obtenir le versement du montant.

Mais combien en coûtera-t-il pour rebâtir votre maison? Peut-être la somme prévue dans l'assurance est-elle suffisante, peut-être pas? Dans ce dernier cas, vous devrez combler la différence pour, une fois votre maison reconstruite, obtenir la somme prévue dans le contrat d'assurance. Il se pourrait donc qu'il vous en coûte des dizaines de milliers de dollars pour retrouver votre maison et vos biens — ce qui rendra l'épreuve d'autant plus frustrante.

Mme Chauvin souligne au passage que si, pour des raisons particulières (tel un décès survenu dans l'incendie), l'assuré ne désire pas reconstruire, l'assureur pourra toujours lui verser une indemnité. «C'est prévu, et l'assuré pourra par la suite vendre le terrain. Mais il n'aura pas nécessairement le plein montant de l'assurance.»

En fait, la valeur pour laquelle on doit assurer sa propriété n'est pas celle indiquée au rôle d'évaluation municipale ni la valeur de vente de sa résidence, mais bien celle des coûts de reconstruction. «Ce qu'on assure, ce sont la brique, le bois, la tuyauterie... et la main-d'oeuvre pour reconstruire la maison», détaille Maya Raic, donc les dommages physiques survenus à la bâtisse. Il faut aussi prévoir les coûts de déblaiement et de nettoyage des lieux avant que ne s'amorce la reconstruction, ce qui représente des milliers de dollars additionnels.

Si un représentant en assurance de dommages peut vous donner une idée de la valeur de reconstruction de votre maison, il n'est cependant pas un spécialiste de la question. C'est pourquoi les représentantes de la Chambre de l'assurance de dommages recommandent fortement de faire appel à un professionnel en cette matière, notamment un évaluateur agréé. «Ça vaut vraiment la peine», assurent-elles.

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Collaborateur du Devoir