L'UE se penchera sur le «ciel unique européen»

Pour l’heure, la décision d’ouvrir ou de fermer un espace aérien, comme cela s’est produit à la suite de l’éruption du volcan islandais, incombe aux autorités de l’aviation civile de chacun des États de l’UE. Eurocontrol, l’agence de sécurité de la navigation aérienne dont le siège se trouve à Bruxelles, n’est chargée que de la coordination du trafic.
Photo: Agence France-Presse (photo) Peter Muhly Pour l’heure, la décision d’ouvrir ou de fermer un espace aérien, comme cela s’est produit à la suite de l’éruption du volcan islandais, incombe aux autorités de l’aviation civile de chacun des États de l’UE. Eurocontrol, l’agence de sécurité de la navigation aérienne dont le siège se trouve à Bruxelles, n’est chargée que de la coordination du trafic.

Madrid — La présidence espagnole de l'Union européenne a annoncé hier à Madrid la convocation pour le 4 mai d'une réunion extraordinaire des ministres des Transports afin d'encourager la mise en place du «ciel unique européen», suite au chaos dans le transport aérien provoqué par l'éruption du volcan islandais.

La semaine de paralysie, du transport aérien en Europe a mis en évidence la nécessité de «lancer une réflexion commune pour aborder l'amélioration des mécanismes de réponse européenne nous permettant de réagir rapidement et de façon coordonnée aux situations de crise», a expliqué le ministre espagnol des Travaux publics, José Blanco.

Lors de la réunion du 4 mai, les ministres examineront plusieurs projets dont «la possibilité d'accélérer le calendrier de mise en place du "ciel unique européen" avec, en particulier, l'intégration effective de l'agence Eurocontrol comme gestionnaire du réseau intégré européen».

La décision d'ouvrir ou de fermer un espace aérien incombe aux autorités de l'aviation civile de chacun des États de l'UE. Eurocontrol, l'agence de sécurité de la navigation aérienne dont le siège se trouve à Bruxelles, n'est chargée que de la coordination du trafic.

«L'absence d'un régulateur européen unique pour le contrôle aérien a rendu très difficile la réponse à la crise», a observé hier à Bruxelles le commissaire européen aux Transports, Siim Kallas. «Nous avions besoin d'une réponse européenne rapide, coordonnée». Au lieu de quoi, «nous avons eu un patchwork fragmenté de 27 espaces aériens nationaux», ouvrant ou fermant sans coordination, a ajouté M. Kallas. «Sans un régulateur central, l'Europe opérait avec une main liée dans le dos», a-t-il estimé.

La présidence espagnole de l'UE a souligné la «nécessité de réviser les mécanismes actuels de réponse aux situations d'urgence» et d'élaborer «un plan de mobilité face aux situations d'urgence», les protocoles actuels datant «des années 80». L'Allemagne a de son côté annoncé avoir convié mardi prochain à Berlin des spécialistes du transport aérien, responsables européens et représentants de l'industrie aéronautique pour discuter de l'établissement de nouvelles normes.

Toujours en activité

Quant au volcan à l'origine des perturbations, l'Eyjafjallajvkull, il était toujours en éruption hier, mais les émissions de cendres ont considérablement diminué, selon le géologue Magnus Tumi Gudmundsson, de l'Université d'Islande.

Le volcan situé dans le sud du pays rejetait hier 10 à 20 tonnes de cendres par seconde, contre 750 tonnes par seconde au plus fort de l'éruption. Les cendres encore émises ne montaient plus à haute altitude: «la menace du volcan est à présent locale», a-t-il dit.

L'Eyjafjallajvkull, à présent, rejette principalement de la vapeur, a précisé M. Gudmunsson. Le «pic de l'éruption est passé», mais le volcan est toujours actif et il est «impossible» de prévoir pour encore combien de temps, a-t-il noté.

Pour la première fois depuis l'éruption du 14 avril, l'aéroport international de Reykjavik, dans l'ouest de l'Islande, a été fermé au trafic: les vents ont changé de direction, rabattant le nuage volcanique vers la capitale. Ailleurs en Europe, le trafic aérien était normal, avec 29 000 vols prévus pour la journée d'hier, selon Eurocontrol.