Réunion du G20 - Le monde se remet de la récession plus vite que prévu

Le président de la Banque mondiale, Robert Zoellick
Photo: Agence France-Presse (photo) Mandel Ngan Le président de la Banque mondiale, Robert Zoellick

Washington — L'économie mondiale se remet mieux que prévu de la plus grave récession depuis des décennies, ont déclaré hier les ministres des Finances et banquiers centraux du G20 dans leur communiqué final publié à l'issue de leur réunion hier, à Washington.

Le monde est en train de sortir de la récession la plus grave depuis des décennies grâce aux mesures du soutien à l'économie prises par les gouvernements et les aides publiques au système financier, ont-ils précisé.

Le communiqué ne fait pas directement référence à la crise budgétaire de la Grèce, qui a demandé hier l'activation du mécanisme d'aide de l'UE et du FMI, mais il insiste sur l'engagement des pays à poursuivre leurs efforts pour garantir une reprise durable au niveau mondial.

Le communiqué fait état de grandes divergences de vue sur l'instauration d'une taxe bancaire en vue de financer les renflouements futurs d'institutions financières en difficulté. Mais il assure que les pays du G20 vont travailler ensemble pour garantir que les banques contribuent de manière «juste et substantielle» à la restauration du système bancaire, avec pour objectif de présenter un projet à la prochaine réunion des dirigeants du G20 en juin à Toronto.

Déséquilibres mondiaux

Les pays du G20 ont réitéré par ailleurs leur engagement à éliminer les déséquilibres mondiaux, sans toutefois pousser la Chine à réévaluer le yuan, que les États-Unis estiment sous-évalué.

Le Canada a été plus catégorique. Les ministres des Finances des pays du G20 n'ont pas trouvé d'accord entre eux sur une taxation des banques, a déclaré devant la presse le ministre canadien des Finances Jim Flaherty. «Il n'y a pas eu d'accord sur une taxation mondiale des banques», a indiqué M. Flaherty, dont le pays préside actuellement le G7 et copréside le G20 avec la Corée du Sud. «Certains se sont prononcés en faveur, d'autres clairement contre», a souligné le ministre canadien, dont le pays a publiquement exprimé son opposition à cette taxe.

Le groupe a par ailleurs demandé au Fonds monétaire international de poursuivre son travail sur la taxation du secteur financier. «Nous appelons le FMI à continuer à travailler sur les options possibles pour faire en sorte que les institutions financières de chaque pays portent le poids de toute intervention extraordinaire des États là où elles ont lieu, s'attaquer au problème de la prise de risque excessive, et contribuer à favoriser une compétition juste», a précisé le G20. Plusieurs pays, dont les États-Unis, la France ou l'Allemagne, ont en revanche approuvé le principe de cette taxation, qui a fait l'objet d'une proposition du Fonds monétaire international à l'occasion de cette réunion du G20.

Le Fonds a proposé deux taxes, l'une s'appliquant à chaque institution financière en fonction de ses actifs, et en particulier des éléments risqués, et l'autre sur les profits et rémunérations. Le FMI a de nombreuses fois insisté auprès du G20 pour que cette taxation soit coordonnée, afin d'éviter que les banques puissent l'éviter en choisissant de s'implanter dans un pays plutôt qu'un autre.

Les ministres des Finances du G20 ont également réaffirmé leur objectif d'une croissance équilibrée, et se sont engagés à élaborer chacun une stratégie de sortie «crédible», dans un communiqué commun publié à l'issue d'une réunion à Washington. «Nous, les ministres des Finances et gouverneurs des banques centrales du G20, nous sommes rencontrés à Washington pour assurer la reprise économique mondiale et la transition vers une croissance forte, durable et équilibrée», ont indiqué les participants dans ce document.

Cet objectif de croissance équilibrée reprend l'engagement formulé lors d'un sommet des chefs d'État et de gouvernement du groupe des pays riches et émergents du G20 à Pittsburgh en septembre.

D'après le G20, certains pays doivent être amenés à poursuivre leur politique de relance, mais tous doivent concevoir leurs plans de sortie des politiques exceptionnelles de soutien à l'économie. «Nous devons tous élaborer des stratégies de sortie crédibles des mesures de soutien macroéconomiques et financières qui soient adaptées aux circonstances particulières et à chaque pays tout en prenant en compte les conséquences sur les autres», a indiqué le G20.