La Grèce appelle à l'aide

La Grèce négocie avec l’UE et le FMI les modalités d’une aide de 40 à 45 milliards d’euros, destinée à lui permettre de mieux gérer une dette publique de 300 milliards d’euros dont le service lui revient de plus en plus cher sur les marchés.
Photo: Agence France-Presse (photo) Louisa Gouliamaki La Grèce négocie avec l’UE et le FMI les modalités d’une aide de 40 à 45 milliards d’euros, destinée à lui permettre de mieux gérer une dette publique de 300 milliards d’euros dont le service lui revient de plus en plus cher sur les marchés.

Athènes — Le premier ministre grec, Georges Papandréou, a demandé hier le déclenchement du mécanisme d'aide de l'Union européenne et du FMI destiné à sortir le pays de ses problèmes de dette, augurant d'un renflouement qui pourrait être sans précédent.

La Grèce négocie avec l'UE et le FMI les modalités d'une aide de 40 à 45 milliards d'euros, destinée à lui permettre de mieux gérer une dette publique de 300 milliards d'euros dont le service lui revient de plus en plus cher sur les marchés.

«C'est une nécessité nationale et impérieuse que nous demandions officiellement à nos partenaires de l'Union européenne l'activation du mécanisme de soutien que nous avons créé ensemble», a dit Georges Papandréou, en déplacement sur la petite île de Kastellorizo, dans l'archipel du Dodécanèse.

Le ministre grec des Finances, Georges Papaconstantinou, a de son côté déclaré qu'une première tranche de l'aide promise à son pays serait disponible avant le 19 mai.

De Washington, la ministre française de l'Économie, Christine Lagarde, a dit espérer que les discussions entre la Commission européenne et le FMI produiraient des résultats rapides, et précisé que la France approuverait sa part du plan d'aide entre le 3 et le 6 mai. Le temps presse pour Athènes, car la Grèce doit rembourser 8,5 milliards d'euros d'obligations le 19 mai et 39 milliards d'euros au total sur les 12 prochains mois.

La décision d'activer le mécanisme a été précédée par un conseil des ministres marathon de plus de sept heures, au cours duquel certains ministres ont exprimé leurs craintes de mesures d'austérité encore plus draconiennes, rapportent les médias grecs.

La Commission européenne a confirmé avoir reçu une demande d'aide de la part de la Grèce et assuré que les fonds seraient versés le plus rapidement possible. «Tout sera fait de telle manière que le mécanisme puisse être déclenché dès que possible et autant que de besoin pour la Grèce», a dit un porte-parole de la Commission.

Évaluation de la demande

L'exécutif européen avait annoncé peu auparavant que les ministres des Finances de la zone euro décideraient de débloquer des prêts d'urgence pour la Grèce une fois que lui-même et la Banque centrale européenne (BCE) auraient jugé la demande d'aide valide.

«Dans un premier temps, la Commission européenne et la BCE émettront une opinion sur la nécessité de déclencher le mécanisme et une fois que cette opinion aura été émise, l'Eurogroupe décidera officiellement du déclenchement du mécanisme», précisait Amadeu Altafaj, ajoutant: «il n'y a pas de date limite».

Cela pourrait prendre une semaine pour que la Commission et la BCE évaluent la validité de la demande et que l'Eurogroupe prenne ensuite une décision formelle, a déclaré la Commission.

La BCE n'a fait aucun commentaire, mais l'Allemagne a déjà fait savoir qu'elle était prête à agir immédiatement si nécessaire. Le ministre des Finances allemand, Wolfgang Schäuble, qui doit évoquer cette question lundi avec des représentants des groupes politiques du parlement, a déclaré que Berlin apporterait sa contribution si l'UE, la BCE et le FMI s'accordaient à dire qu'Athènes a besoin d'aide.

Les marchés ont réagi plutôt favorablement dans un premier temps: la prime demandée par les investisseurs pour détenir des obligations souveraines grecques a sensiblement diminué, à 525 points de base contre un pic de 611 points la veille avant de rebondir à 570, tout comme les CDS sur les obligations souveraines grecques à cinq ans. Mais ils se sont ensuite en partie ravisés, jugeant que cette aide ne représentait somme toute qu'une solution de court terme aux problèmes grecs. L'euro a ainsi glissé à 1,33 $US.

«Sur le long terme, c'est juste un pansement», estime pour sa part Daragh Maher, responsable pour la stratégie internationale au Crédit Agricole CIB.

Le rendement des obligations grecques avait atteint un pic de 12 mois, jeudi, alors même que l'Union européenne avait revu à la hausse le déficit budgétaire du pays pour 2009 et que l'agence de notation Moody's Investors Service déclassait la note souveraine à A3, avec un risque de la dégrader davantage.