Les sociétés canadiennes ratent des occasions «vertes» dans le monde

Même si les «technologies respectueuses du climat» prennent de plus en plus de place dans le commerce international, les entreprises canadiennes ont raté l'occasion de s'y tailler une place intéressante au cours des dernières années, estime le Conference Board dans une étude.

«Entre 2002 et 2008, les échanges mondiaux de technologies respectueuses du climat ont augmenté en moyenne de 10 % par année», a écrit le groupe de recherche dans un rapport publié hier. La valeur totale de ces échanges annuels est de 210 milliards $US. «En comparaison, les exportations canadiennes de technologies respectueuses du climat n'ont pas du tout augmenté pendant cette période de six ans. Si on tient compte de l'inflation, elles ont en fait chuté.»

Le coup de semonce survient au lendemain de propos très critiques du gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, à l'égard du retard que les entreprises canadiennes accusent au chapitre de la productivité, et ce, en dépit d'une brochette de mesures gouvernementales qui leur ont été offertes au fil des années.

Parmi les créneaux sur lesquels le Conference Board s'est penché figurent les voitures hybrides, l'éolien, les technologies solaires, les appareils électroménagers qui consomment moins et les techniques de réduction des déchets.

Le Canada se classe relativement bien dans une douzaine de catégories de produits spécifiques, dont les petites turbines à gaz naturel, certains types de membranes protectrices, des composantes pour éoliennes et des contrôleurs pour systèmes photovoltaïques. Mais dans des dizaines d'autres catégories, les entreprises sont absentes.

Le Conference Board a estimé que le nombre d'entreprises du pays qui adoptent des technologies vertes venant de l'étranger augmente lentement, mais que ce rythme est «beaucoup plus lent que la moyenne mondiale».

«Les dispositifs de captage et de stockage de CO2, les systèmes d'exploitation de l'énergie marémotrice et des vagues, et les voitures électriques de pointe sont des exemples de technologies dont on attend sous peu l'arrivée», a ajouté le Conference Board.

«Pourtant, le Canada a certains points forts sur le marché mondial, plus particulièrement dans des domaines associés à sa situation géographique et à ses ressources, par exemple la gestion des déchets et les technologies énergétiques.»

Indice vert à Toronto

Parallèlement, la Bourse de Toronto a annoncé hier la création d'un nouvel indice qui suit la performance d'entreprises «dont l'activité principale est le développement et l'utilisation de technologies vertes».

L'indice compte une vingtaine de compagnies, dont trois du Québec, soit Groupe Laperriere & Verreault, Boralex et Cascades.