Toyota subira-t-il la plus grosse poursuite de l'histoire de l'automobile?

Toyota sera aujourd’hui devant un tribunal américain pour la première fois de son histoire.
Photo: Agence France-Presse (photo) Sascha Schuermann Toyota sera aujourd’hui devant un tribunal américain pour la première fois de son histoire.

San Diego — Toyota se retrouve aujourd'hui pour la première fois devant un tribunal américain, où un jury doit décider si des milliers de propriétaires mécontents peuvent poursuivre la marque japonaise en nom collectif, ce qui pourrait lui coûter plus de 40 milliards de dollars.

Des cabinets d'avocats répartis dans 20 États américains se sont regroupés sous le nom de Toyota Action Consortium pour poursuivre le constructeur.

Ils réclament des dommages et intérêts pour compenser le manque à gagner entraîné, lors de la revente d'une Toyota, par les problèmes de la marque. Toyota a dû rappeler des millions de véhicules dans le monde après que 58 décès eurent été attribués à des pédales d'accélération défectueuses sur certains modèles.

Si la consolidation des différentes plaintes en nom collectif est acceptée lors de cette audience à San Diego, l'affaire pourrait coûter à Toyota plus de 40 milliards, alors même que ne sont pas concernés les cas d'automobilistes accidentés, selon Tim Howard, professeur de droit à la Northeastern University, qui mène cette action en justice.

Sans précédent

Il pourrait s'agir de la plus grande bataille judiciaire du genre contre un seul constructeur automobile.

«Il s'agit des pires malversations dans l'histoire de l'automobile depuis son invention en 1890», selon M. Howard.

«C'est un problème auquel Toyota est confronté partout», poursuit-il, soulignant que «des gens ont perdu des milliers de dollars alors que ce n'était pas leur faute».

Non content de rassembler une myriade de plaintes en nom collectif pour la perte de valeur des véhicules de la marque, le consortium d'avocats a également déposé plainte pour escroquerie, s'appuyant sur une loi fédérale antimafia de 1970.

Cette loi peut être invoquée devant la justice civile contre une organisation qui a comploté en toute connaissance de cause pour commettre une fraude. Or, le groupe d'avocats affirme que Toyota a continué de vendre ses voitures alors qu'il savait qu'elles étaient défectueuses.

Ils soulignent que l'erreur de conception de la pédale d'accélération a été détectée en 2002 et que rien n'a été fait depuis pour régler le problème.