Boulangerie Weston de Longueuil - Plus de 150 emplois syndiqués sur le billot

Plus de 150 employés syndiqués de la boulangerie Weston de Longueuil craignent de perdre leur emploi, alors que les négociations en vue du renouvellement de la convention collective n'aboutissent pas. La direction aurait en effet menacé de fermer les installations de la Rive-Sud si les employés n'acceptent pas les offres patronales d'ici samedi.

Conseiller syndical à la Centrale des syndicats démocratiques, Wayne Wilson explique que les discussions avec l'employeur achoppent principalement sur la question des horaires de travail. Selon lui, Weston voudrait se réserver le droit de les modifier comme bon lui semble afin de répondre aux impératifs de production. Il voit là un refus de tenir compte des besoins de «conciliation travail-famille» des employés.

M. Wilson ajoute qu'aucune solution n'a pu être trouvée pour sortir de l'impasse, malgré les 13 rencontres de négociations tenues depuis le 10 novembre dernier. Il met donc en doute la bonne foi de l'employeur tout au long du processus de négociation. «Le Code du travail stipule de façon claire que les parties doivent négocier de bonne foi. Ce qui se passe en ce moment est à mes yeux une stratégie insidieuse visant à diviser les troupes. C'est prendre les gens en otage que de les obliger à accepter des offres non négociées sans quoi ils se retrouveront dans la rue.»

Du côté du syndicat des salariés de la boulangerie Weston, on se dit d'ailleurs étonné de la menace de fermeture de la direction. «Cette annonce nous frappe comme une tonne de briques, explique son président, Éloi Lévesque. Ils nient totalement ce que nous avons fait depuis toutes ces années pour que Weston, au Québec, demeure un fleuron de la multinationale. Ils ont le culot de nous dire que ce n'est pas une question de rentabilité, mais une question de coût de production du pain trop élevé et que ce fait est le résultat de trop bonnes conditions de travail. Nous leur avons offert notre collaboration afin de trouver des solutions durables, mais ils préfèrent nous ignorer.»

Les syndiqués ont en outre voté récemment à 99 % pour des moyens de pression pouvant mener jusqu'à une grève générale illimitée, mais ils n'exercent actuellement «aucun moyen de pression».

La direction de la boulangerie a refusé de commenter cette affaire hier. Pascal Gadoua, vice-président et directeur général, Boulangeries Weston Québec, a simplement mentionné que le processus de négociations se poursuivait.

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