Service d'entretien des avions - Le secteur est en péril, craint le syndicat des machinistes

Le syndicat des machinistes du secteur aérospatial a exhorté hier les gouvernements à développer rapidement une «stratégie industrielle» pour éviter l'érosion des services d'entretien d'avions, en obligeant notamment les transporteurs à faire entretenir au Canada leurs appareils enregistrés en sol canadien.

Cet appel survient une semaine après que le syndicat eut révélé la mise à pied d'environ 1000 travailleurs chez Aveos, une ancienne filiale d'Air Canada, dans les installations de Montréal, Winnipeg et Vancouver.

«Si nous n'intervenons pas immédiatement, ces emplois et cette industrie ne reviendront pas», a dit dans un communiqué Dave Ritchie, vice-président général canadien de l'Association internationale des machinistes et des travailleurs de l'aérospatiale (AIMTA), qui représente 11 000 personnes.

Entre autres, le syndicat reproche à Air Canada de ne pas vouloir «se porter responsable de l'administration de mesures comme le programme de partage du travail de l'assurance-emploi, visant à atténuer les dommages».

Autrefois filiale d'Air Canada appelée Services techniques Air Canada (ACTS), Aveos est désormais entre les mains de ses ex-créanciers et Air Canada est actionnaire minoritaire. La situation a ceci de particulier que les travailleurs en question sont toujours liés à Air Canada, mais ont été «prêtés» à Aveos.

Air Canada, qui s'est départie de sa filiale d'entretien en 2007, est le principal client d'Aveos.

Il a été impossible d'obtenir les commentaires de la direction d'Aveos au sujet de cette dernière sortie syndicale. La semaine dernière, cependant, un porte-parole a indiqué à Canadian Press que certains machinistes pourraient être rappelés dès le mois de juillet. Aussi, l'entreprise a affirmé qu'elle n'entendait pas transférer l'entretien des appareils canadiens vers l'étranger.

L'AIMTA a rappelé que la Loi sur la privatisation d'Air Canada, adoptée par le gouvernement fédéral pendant le règne des conservateurs de Brian Mulroney, garantissait une présence des services d'entretien à l'aéroport de Toronto, à Winnipeg et à Montréal. Mais Aveos, selon le syndicat, a «l'intention d'exporter progressivement une bonne partie de ses travaux d'entretien lourd».

Un porte-parole de l'AIMTA, Bill Trbovich, a dit que cette allégation fait directement référence aux installations d'entretien qu'Aveos exploite au Salvador par l'entremise de sa filiale Aeroman.

Sur les 1010 employés mis à pied chez Aveos, 444 se trouvent à Montréal. Selon l'AIMTA, l'état peu reluisant du transport aérien au Canada et ailleurs fait en sorte que les travailleurs auront de la difficulté à trouver un emploi pour remplacer celui qu'ils ont perdu.