Renouvellement des voitures de métro - L'union Bombardier-Alstom résisterait à un nouvel appel d'offres

Même si la Société de transport de Montréal (STM) devait lancer un nouvel appel d'offres pour le renouvellement des voitures de métro, le mariage de raison entre les constructeurs ferroviaires Bombardier Transport et Alstom tiendrait le coup, a appris Le Devoir hier.

«L'offre du consortium, telle qu'elle est aujourd'hui, répond à toutes les exigences de la STM, et nous ne voyons aucune raison de ne pas offrir ensemble au client le meilleur de nos technologies», ont déclaré en choeur les porte-parole des multinationales québécoise et française, Marc-André Lefebvre et Isabelle de Fleurac. Pourtant, rien n'empêche les deux chefs de file mondiaux de faire cavaliers seuls si la STM relance le processus d'appels d'offres.

Par ailleurs, le consortium Bombardier Transport-Alstom — les deux entreprises détiennent ensemble 90 % de part de marché mondiale du métro sur pneumatiques — écarte d'ores et déjà toute idée de partager le contrat de renouvellement des 765 voitures du métro de Montréal, évalué entre 1,2 et 3,4 milliards de dollars, avec Construcciones Y Auxiliar De Ferrocarriles (CAF), dont la proposition est toujours à l'étude par la STM. «C'est une question de quelques semaines [avant que la STM annonce si elle ira ou non en appel d'offres international]», a indiqué la porte-parole de la STM, Odile Paradis. «On a reçu trois gros cartables», a-t-elle ajouté.

Par contre, la STM a fait savoir vendredi à Zhuzhou Electric Locomotive que son dossier de candidature avait été balayé du revers de la main. Dans une lettre adressée au représentant canadien de l'entreprise, Glen T. Fisher, la Société de transport explique que l'offre du constructeur ferroviaire chinois d'installer des roues d'acier sur les nouvelles voitures de métro, plutôt que des pneumatiques, comme le requiert la STM, a été refusée. «Ces documents expriment clairement votre intention de fournir à la STM des voitures de métro sur roues en acier. Votre expression d'intérêt fait donc défaut de satisfaire à l'exigence essentielle que constitue l'obligation de fournir à la STM le produit qu'elle souhaite acquérir», a écrit la secrétaire générale et directrice des affaires juridiques de la STM, Sylvie Tremblay.

M. Fisher, sollicite désormais une rencontre avec le ministre des Finances, Raymond Bachand, ainsi que la ministre des Transports, Julie Boulet. Ils espèrent qu'ils pourront prêter une oreille favorable aux économies de plus de 1,5 milliard que Zhuzhou promet. Ses menaces de réclamer une injonction interlocutoire de la part de la Cour supérieure restent du coup en suspens.
1 commentaire
  • Pascal MALLET - Inscrit 9 mars 2010 09 h 37

    Comment feront Bmbardier et Alstom ?

    Si la technologie pneus est finalement conservée, comment feront Alstom et Bombardier pour ramener le prix d'un voiture de métro sur pneus de 3 millions de dollars (offer actuelle ) à 1,7 millions de dollars, prix auquel la CAF a vendu ses dernières voitures sur pneus au réseau de Santiago du Chili ?