Tarifs d'électricité - Hydro de nouveau autorisée à augmenter ses tarifs

À quelques semaines d'un budget québécois qui pourrait fort bien s'appuyer sur le recours aux tarifs d'électricité pour éponger une partie du déficit, la Régie de l'énergie vient d'autoriser Hydro-Québec à augmenter les tarifs de 0,4 % dès le 1er avril 2010.

Cette nouvelle hausse, qui équivaut selon la Régie à 0,43 $ de plus sur la facture mensuelle d'un client résidentiel moyen, fait suite à une brochette d'augmentations annoncées au fil des ans. De 2004 à 2009, Hydro-Québec a eu le droit de relever ses tarifs de 18,2 %.

Au moment de déposer sa plus récente demande, en août 2009, Hydro-Québec réclamait la possibilité d'augmenter ses tarifs de 0,2 %. En cours d'année, des ajustements à son taux de rendement sur l'avoir propre (qui représente l'actif moins le passif) et au coût du capital, entre autres, l'ont poussée à faire passer la demande à 0,5 %.

«Le présent dossier tarifaire est caractérisé notamment par un contexte économique très particulier qui a des impacts majeurs sur l'ensemble des activités du distributeur dont, entre autres, une baisse des ventes prévues de 4,4 TWh par rapport au dossier tarifaire 2009», a écrit la Régie de l'énergie dans une décision rendue jeudi en fin de journée, mais publiée hier seulement.

«Cela se solde en une perte de revenus importante, une augmentation des surplus d'approvisionnement qui totaliseront près de 10 TWh en 2010 et une baisse importante des coûts des approvisionnements postpatrimoniaux», a ajouté la Régie.

Mais surtout, Hydro-Québec demandait à la Régie de reconnaître qu'un changement dans sa méthode d'amortissement allait avoir un impact financier de 245,5 millions.

Selon Jean-François Blain, analyste en matière d'énergie à l'Union des consommateurs, Hydro-Québec a obtenu «essentiellement tout ce qu'elle demandait». Il affirme que si la Régie avait refusé de confirmer le remplacement de la méthode d'amortissement, il en aurait résulté une baisse de tarifs de 2,4 %.

La loi fait en sorte que les demandes de hausses tarifaires d'Hydro-Québec ne sont pas présentées par sa filiale «production», qui génère chaque année la majeure partie des profits. Les demandes viennent de la filiale distribution, qui revend l'électricité aux clients.

Au cours des neuf premiers mois de son exercice 2009, Hydro-Québec a généré des profits de 2,2 milliards, dont 157 millions de la filiale distribution et 1,65 milliard de la filiale production. Celle qui s'occupe du transport de l'électricité, appelée TransÉnergie, a réalisé un bénéfice de 361 millions.

Cette légère hausse consentie par la Régie de l'énergie survient à la veille d'un budget québécois fort attendu. Le ministre des Finances, Raymond Bachand, a souvent parlé du déficit budgétaire en affirmant qu'il fallait réfléchir au financement des services publics, particulièrement à la part du citoyen comparativement à celle de l'État.

Plusieurs y voient une façon de préparer la population à l'imposition de tarifs tous azimuts, ce qui pourrait comprendre un recours à Hydro-Québec, une idée qui circule depuis plusieurs années dans les milieux associés aux «lucides». Dans l'autre camp, Québec solidaire a déjà fait valoir que le bloc d'électricité patrimonial est «le dernier élément de "progressivité" de la tarification de l'électricité».

Dans leur troisième fascicule, les économistes embauchés par le ministère des Finances pour explorer des façons de revoir les finances publiques ont écrit: «Une augmentation graduelle de l'électricité patrimoniale, afin d'atteindre 75 % du tarif résidentiel moyen ailleurs au Canada, rapporterait 2,2 milliards avant la mise en place de mesures en faveur des ménages à faible revenu.»
2 commentaires
  • patriote1964 - Inscrit 6 mars 2010 09 h 30

    À qui appartient Hydro-Québec?

    Une autre hausse! Devrions-nous en être surpris?

    Hydro 101: considérant que la Régie de l'énergie est un organisme de régulation économique cette régulation des prix est fixée selon la marché concurrentiel, les ajustements sont basés à partir, d'une part du marché, et d'autre part, de la concurrence.
    J'ai beau chercher mais je n'en trouve pas au Québec.
    Maintenant la mission de la Régie: elle consiste à assurer la conciliation entre l'intérêt public, la protection des consommateurs et un traitement équitable du transporteur d'électricité et des distributeurs.
    Protection aux consommateurs! Contre quoi? Contre la hausse des salaires de ses dirigeants? Contre les surprimes de son Dg (plus de 122 000$) fixées en fonction des profits réalisés? En fonction de l'augmentation (de 18% en 5 ans)?
    Pourquoi ne pas punir les gros consommateurs? Pourquoi ne pas retourner aux petits consommateurs un montant d'argent fixé en fonction de nombre de personnes qui habitent une résidence et de efforts qui sont déployés pour diminuer la consommation? Au fait, à qui profite réellement la diminution de la consommation?

    J'ai une dernière suggestion, avant toute augmentation, et puisqu'il s'agit d'un société d'état, demander à la population sous forme d'un référendum, si OUI ou NON nous désirons une augmentation.
    Je rêve, c'est vrai, la consultation populaire ce n'est pas dans les habitudes des libéraux.

  • Sator - Inscrit 7 mars 2010 20 h 58

    Franklin D. Roosevelt

    En politique, rien n'arrive par hasard. Chaque fois qu'un évènement survient, on peut être certain qu'il avait été prévu pour se dérouler ainsi."