Un nouveau départ pour Toyota

Le constructeur automobile promet que la sécurité sera sa priorité numéro un, après une série de défauts d’accélérateurs et de freins sur plusieurs modèles.
Photo: Agence Reuters Sebastian DERUNGS Le constructeur automobile promet que la sécurité sera sa priorité numéro un, après une série de défauts d’accélérateurs et de freins sur plusieurs modèles.

Tokyo — Le p.-d.g. de Toyota a appelé hier des milliers d'employés du groupe automobile à prendre «un nouveau départ» après la crise sans précédent de ces dernières semaines.

Après une série de pannes qui a débouché sur le rappel de quelque neuf millions de véhicules dans le monde, Akio Toyoda a exhorté son personnel à se ressaisir, lors d'un discours devant 2000 salariés, concessionnaires et sous-traitants réunis au siège de l'entreprise à Toyota City.

«Le problème actuel de qualité doit être résolu et nous avons du pain sur la planche. Nous devons faire du 24 février, le jour où j'ai été auditionné, un nouveau départ pour Toyota», a-t-il lancé lors de ce rendez-vous retransmis en direct dans tous les sites Toyota du Japon.

M. Toyoda a témoigné le 24 février devant la Commission de supervision et de réforme du gouvernement de la Chambre des représentants américains, où il a dû s'expliquer sur des problèmes d'accélérateur et de freins, dont certains auraient causé des accidents mortels.

«Nous devons oublier nos succès passés et nous réinventer avec détermination. En tant que responsable, je promets de travailler dur pour nous permettre de nous améliorer afin de regagner la confiance du public», a martelé le p.d.-g.

Vêtu d'une veste de travail grise comme ses ouvriers, il a reconnu que le premier constructeur automobile mondial avait grandi trop vite ces dernières années, au point de négliger parfois la qualité. «Ce n'était pas du tout ce que nous avions l'intention de faire. Permettez-moi de vous présenter mes excuses.»

Une grande famille

M. Toyoda a également décrit son voyage aux États-Unis, organisé dans une atmosphère hostile au constructeur japonais. «Je me suis d'abord senti seul, Toyota était tout le temps critiqué à la télé, dans les journaux, j'étais harcelé par les médias», a-t-il raconté. Mais M. Toyoda, petit-fils du fondateur du groupe et critiqué ces dernières semaines pour son attitude timorée face à la tempête, a ajouté s'être senti encouragé par le soutien des employés et concessionnaires du groupe aux États-Unis. «Je pensais me battre pour ces gens, mais je me suis rendu compte que c'étaient eux qui me protégeaient. Cela m'a beaucoup touché, j'ai pris conscience de ma chance d'être chez Toyota», a-t-il ajouté en étouffant un sanglot.

Le constructeur a promis que la sécurité serait sa priorité numéro un, après une série de défauts d'accélérateurs et de freins sur plusieurs modèles. Un problème de pédale d'accélération pouvant rester bloquée serait notamment à l'origine de 52 décès aux États-Unis, selon des plaintes reçues par l'agence de sécurité routière américaine.

Les ventes de Toyota ont baissé de 8,7 % sur un an en février aux États-Unis, résistant un peu mieux que prévu à l'impact de ses rappels à répétition, et les intentions d'achat ont bondi début mars grâce au lancement de promotions.