L'Europe promet d'être solidaire de la Grèce

Les Européens ont unanimement salué les nouvelles mesures adoptées hier par le premier ministre grec George Papandreou pour économiser 4,8 milliards d’euros et tenir son objectif de réduction du déficit public cette année.
Photo: Agence France-Presse (photo) Louisa Gouliamaki Les Européens ont unanimement salué les nouvelles mesures adoptées hier par le premier ministre grec George Papandreou pour économiser 4,8 milliards d’euros et tenir son objectif de réduction du déficit public cette année.

Bruxelles — Les pays de l'Union européenne (UE) ont promis hier d'être «solidaires» de la Grèce en crise, en saluant les nouvelles mesures d'austérité annoncées par Athènes pour réduire le déficit abyssal du pays.

«Nous avons toujours fait preuve de solidarité envers tous les États membres de l'UE, et nous montrerons qu'à l'avenir la Grèce peut compter sur cette solidarité», a déclaré à Bruxelles le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso.

Mais pressé de dire quels moyens seraient utilisés pour venir en aide à la Grèce ou à d'autres pays de la zone euro aux prises avec de graves problèmes budgétaires, M. Barroso a indiqué que «les instruments concrets [d'aide] seront présentés le moment venu». Il s'est refusé à «spéculer» sur les modalités précises de ce mécanisme, en arguant de la crise grecque en cours. «Nous travaillons sur la question et nous ferons des annonces lorsque nous aurons pris une décision», a-t-il dit. Selon des diplomates, le plan d'aide envisagé en faveur de la Grèce pourrait passer par des garanties publiques apportées à l'émission d'emprunts grecs, ou des achats d'obligations grecques par des institutions financières publiques ou parapubliques, pour encourager les banques privées à y participer.

Le chef de file des ministres des Finances de la zone euro, Jean-Claude Juncker, a réitéré hier la promesse faite le 11 février par les pays de la zone euro de venir en aide à la Grèce le cas échéant. «Les membres de la zone euro sont prêts à mener une action coordonnée et déterminée, si nécessaire, afin de préserver la stabilité financière de la zone euro dans son ensemble», a-t-il souligné.

Le président italien Giorgio Napolitano, en visite à Bruxelles, a plaidé pour sa part en faveur d'un Fonds monétaire européen. «L'urgence grecque a démontré la nécessité d'avoir cet instrument pour prévenir et affronter des crises», a-t-il dit.

Des mesures d'austérité saluées

Les Européens ont par ailleurs unanimement salué les nouvelles mesures adoptées hier par Athènes pour économiser 4,8 milliards d'euros et tenir son objectif de réduction du déficit public cette année. La Commission européenne «se félicite» de cette annonce, qui «confirme l'engagement du gouvernement grec à prendre toutes les mesures nécessaires», a dit M. Barroso. M. Juncker a également «salué» cette annonce.

Cette nouvelle série de mesures va envoyer «un signal de confiance» en direction des marchés financiers, a déclaré un porte-parole de la chancelière allemande Angela Merkel.

La Banque centrale européenne (BCE) a également salué les mesures d'austérité budgétaire supplémentaires. «Celles-ci apportent la preuve de la détermination du gouvernement grec d'atteindre ses objectifs budgétaires fixés dans son programme de stabilité», souligne la BCE dans un communiqué.

«Ce programme de réformes budgétaires et structurelles profitera aux citoyens grecs en permettant à l'économie grecque de surmonter les difficultés actuelles et de retrouver le chemin d'une croissance durable sur le moyen terme».

Dans le même temps, le gouvernement grec a indiqué attendre aussi «la solidarité de l'Europe». Il n'a pas exclu, à défaut, de faire appel au Fonds monétaire international (FMI). Sur ce point, le FMI s'est dit prêt à apporter sa contribution à la mise en oeuvre du programme d'austérité budgétaire de la Grèce en proposant son «expertise technique» en la matière.

Le FMI a salué les nouvelles mesures d'économies de coûts présentées dans la journée par le gouvernement grec tout en appelant Athènes à mettre en oeuvre des réformes visant à augmenter la productivité et la croissance du pays.
2 commentaires
  • Catherine Paquet - Abonnée 4 mars 2010 07 h 18

    Beau sujet de réflexion pour les Québécois...

    Au coeur du débat entre les pays qui partagent l'euro, on entend des experts soutenir avec femeté que "les États qui partagent une monnaie unique ne doivent plus s'accrocher à des apparences de souveraineté économique".

    Et des personnalités politiques affirment que "la participation à la zone euro ne peut se limiter à la gestion monétaire, elle doit aussi s'étendre à la gestion économique des États qui en sont membres". Et, parmis ces personnalités, on entend Jean-Claude Juncker, premier ministre luxembourgeois et président de cette enceinte qui réunit les ministres des Finances du groupe de pays qui ont adopté l'euro, soutient que l'Eurogroupe devrait «approuver les projets de budget élaborés par les gouvernements avant que ceux-ci ne soient soumis à leurs Parlements respectifs».

    Imaginons maintenant comment se dérouleraient les négociations, entre un Québec éventuellement souverain, qui utiliserait le dollar canadien, et les autorités de la Banque centrale et les politiciens fédéraux. Pas faciles... Qu'on soit lucide ou solidaire.

    Les Européens nous rappellent aujourd'hui, et de façon non équivoque, que posséder une même monnaie implique nécessairement que les partenaires appliquent les mêmes règles budgétaires, la même discipline monétaire et la même rigueur dans la gestions de l'économie. En somme, qu'ils renoncent à s'accrocher à des "apparences de souveraineté économique". Et personne ne conteste que les taux d'intérèts et le niveau de la masse monétaire soient toujours décidés par la Banque centrale, compte tenu de la situation qui prévaut dans l'ensemble de la zône économique. Dison-nous qu'au au Canada, la Banque centrale n'ignorera pas l'intérèt des 25 millions de Canadiens.

    Donc, qu'un Québec éventuellement souverain choisisse le dollar canadien ou le dollar américain, la marge de souveraineté dans ses politiques financière, budgétaire et économiques sera toujours aussi mince qu'elle l'est maintenant, et elle pourrait même devenir plus mince.

    Faut-il faire l'indépendance pour revenir à celà

  • pierre savard - Inscrit 4 mars 2010 07 h 33

    Insuffisant.

    Voyons ces mesures ne vont pas assez loin ! La Grèce a un déficit structurel de 20 milliards d'euros par année (300 milliards de dettes). L'UE ne devrait pas aider la Grèce. L'Europe devrait laisser la Grèce faire faillite. Subventionner la Grèce ne fera qu'enfoncer encore davantage ce pays dans le rouge et entrainera l'Europe avec elle. Le problème de la Grèce est simple: trop de programmes sociaux, trop de fonctionnaires, incompétence et corruption de la classe politique. Des subventions de l'Europe n'aideront en rien à changer cette mentalité socialiste corrompue qui règne dans ce pays. Et soulignons que le Québec se situe juste derrière la Grèce en matière d'endettement (chiffres du ministère des Finances du Québec basés sur les méthodes de calculs de l'OCDE).