L'économie canadienne accélère, mais le taux directeur ne bouge pas

La Banque du Canada conserve son taux directeur à 0,25 %.
Photo: Agence Reuters Blair Gable La Banque du Canada conserve son taux directeur à 0,25 %.

Le taux directeur de la Banque du Canada va demeurer à 0,25 % au moins jusqu'à la fin du mois de juin, a réitéré celle-ci, hier, en signalant toutefois que l'économie et l'inflation des derniers temps ont été plus fortes que prévu.

Pour la septième fois depuis le printemps 2009, la Banque du Canada a laissé son taux tel quel, mais les légères variations dans le communiqué publié à l'issue de sa réunion ont fait dire à certains économistes que la banque centrale s'affairait maintenant à «préparer les marchés» à une hausse du taux en deuxième moitié de 2010.

Le taux directeur de la banque centrale est celui qu'elle veut voir lorsque les établissements bancaires se consentent un prêt de 24 heures. Tout changement est d'une importance capitale, car une hausse du taux directeur finit par avoir des répercussions sur les prêts aux consommateurs et aux entreprises, donc sur l'économie et l'inflation.

La banque centrale prend tous les moyens pour retenir l'inflation dans une fourchette de 1 à 3 %, préférablement à 2 %. Depuis octobre 2007, l'inflation de base, qui exclut l'essence et l'alimentation, s'est maintenue entre 1,5 et 1,8 %. En janvier, elle a atteint 2 %.

«L'économie a progressé de 5 % en taux annuel au quatrième trimestre de 2009 grâce à la vigueur de la dépense intérieure et à un nouveau redressement des exportations», a écrit la banque dans le justificatif de sa décision.

Elle a cependant ajouté que «parallèlement, la vigueur persistante du dollar canadien et le bas niveau de la demande américaine, en chiffres absolus, continuent de freiner considérablement l'activité économique».

De manière générale, les économistes prévoient une hausse du taux dès le troisième trimestre, qui commence au mois de juillet. Cependant, selon un économiste de la Banque Laurentienne, Sébastien Lavoie, «la probabilité que la Banque du Canada se manifeste pour la première fois en juillet augmente».

D'ailleurs, a estimé M. Lavoie, ceux qui voient un resserrement des taux dès le deuxième trimestre auraient intérêt à se préoccuper d'un autre développement, plus certain celui-là: l'évaporation très prochaine des mesures de relance économique. Plusieurs s'attendent à ce que le budget que présentera demain le gouvernement fédéral soit un modèle d'austérité, Ottawa étant pressé de lever le rideau sur son plan de retour à l'équilibre budgétaire.

Cela, a dit M. Lavoie dans une note envoyée aux clients, va freiner l'expansion et la Banque du Canada n'aura aucune raison de toucher à son taux avant l'automne. Il entrevoit un taux à 1,75 % d'ici la fin de l'année.