L'économie canadienne a terminé l'année 2009 avec fougue

Le produit intérieur brut canadien a terminé 2009 sur une forte croissance de 5 % au quatrième trimestre, en rythme annualisé.
Photo: Agence Reuters Le produit intérieur brut canadien a terminé 2009 sur une forte croissance de 5 % au quatrième trimestre, en rythme annualisé.

Le produit intérieur brut canadien a terminé 2009 sur une forte croissance de 5 % au quatrième trimestre, en rythme annualisé, un chiffre plus élevé que ce qui était attendu. De quoi conclure sur une note positive une année qui avait débuté profondément enfoncée dans la zone négative.

Néanmoins, avec la sévère chute enregistrée de la fin de 2008 à la moitié de 2009, le produit intérieur brut réel affiche, en moyenne, une baisse de 2,6 % pour l'ensemble de l'année dernière. Pas étonnant lorsque l'on passe à travers un premier trimestre à -7 % et un second à -3,5 %. Même les rebonds de 0,9 % et de 5 % observés par la suite ne pouvaient contrecarrer complètement un mouvement qui, du reste, n'a absolument pas été unique au Canada.

«Une production plus faible durant la première moitié de l'année, une situation essentiellement stable pendant les mois d'été et une forte croissance au cours des quatre derniers mois ont caractérisé l'année 2009», analysent d'ailleurs les économistes de Statistique Canada à la lumière des données publiées hier. Une année difficile, donc, puisque depuis 1961 — la première fois que des données ont été publiées conformément à la définition actuelle du PIB —, les seules autres baisses annuelles ont été enregistrées en 1982 (-2,9 %) et en 1991 (-2,1 %).

Il faut dire que les effets de la récession ont ratissé large. La production de biens (-9,2 %) a baissé pour une deuxième année consécutive en 2009, tandis que celle dans les services a connu une légère baisse. Les exportations ont quant à elles diminué de 14 %, alors que le volume des importations a reculé de 13 %. La demande intérieure finale a diminué de 1,7 %, principalement en raison de la baisse des investissements des entreprises en usines et en matériel. Les dépenses des consommateurs en biens durables et semi-durables ont aussi diminué.

Reprise bien lancée

Il semble toutefois que la reprise amorcée au début du deuxième semestre de 2009 soit solidement ancrée, selon les données dévoilées hier par Statistique Canada. Plusieurs indicateurs ont en effet poursuivi sur leur lancée d'un trimestre à l'autre. Le secteur des services a poursuivi sa croissance (+0,8 %). Même chose pour les investissements en bâtiments résidentiels, qui ont augmenté de 6,5 % au quatrième trimestre, soit la troisième hausse consécutive. Les industries productrices de biens ont pour leur part connu une progression de 2,1 % durant les trois derniers mois de l'année, soit la première augmentation depuis le deuxième trimestre de 2007.

Les dépenses des consommateurs en biens et en services ont en outre connu une hausse de 0,9 % au quatrième trimestre, en partie parce que les ménages ont accru leurs achats de biens durables (+2,6 %), tout comme les dépenses en services, qui ont légèrement progressé pour un deuxième trimestre d'affilée.

Par ailleurs, les exportations de biens et de services ont progressé de 3,7 %, après avoir connu une augmentation de 2,9 % au troisième trimestre. La croissance des importations de biens et de services a cependant connu un ralentissement, s'étant établie à 2,2 %, après avoir progressé de 8 % au troisième trimestre.

Et maintenant... 2010

Les analystes voient donc les prochains mois de façon relativement optimiste. «L'année 2009 se termine en force», note Benoit P. Durocher, économiste senior chez Desjardins, même si au final, le PIB a reculé l'année dernière. «L'année 2010 s'annonce toutefois meilleure avec la poursuite de l'amélioration des conditions économiques. Cela dit, il serait étonnant que des hausses aussi importantes que celle de 5 % du quatrième trimestre de 2009 soient observées au courant de 2010.»

Par exemple, l'investissement résidentiel «risque de progresser moins rapidement dans les trimestres à venir». Et selon M. Durocher, il n'y a pas de risque de hausse des taux avant «plusieurs mois», notamment parce que quelques incertitudes demeurent, dont l'effet du retrait graduel des plans de relance gouvernementaux. Chez BMO, on situe pour le moment cette hausse en juillet.

À la Banque Nationale, on estime aussi que la situation continuera de s'améliorer: «Le PIB réel débute déjà le trimestre sur une hausse de 2,2 %. Un autre chiffre très soutenu est par conséquent attendu pour le premier trimestre de 2010.»