Sortie de récession plus vigoureuse que prévu au Royaume-Uni

Londres — La croissance de l'économie britannique au terme de 2009, qui a sonné la fin de la récession au Royaume-Uni, a été révisée en hausse plus fortement que prévu hier, une bonne nouvelle pour le gouvernement à l'approche des élections, mais qui n'efface pas le danger d'une rechute.

Selon la deuxième estimation publiée hier par l'Office des statistiques nationales (ONS), le PIB du Royaume-Uni a progressé de 0,3 % au quatrième trimestre par rapport au précédent, nettement plus vigoureusement que l'estimation initiale annoncée fin janvier par l'institution, qui était de 0,1 % seulement.

Cette révision est due à des évolutions meilleures que prévu de l'activité dans le secteur des services (+0,5 % au lieu de +0,1 %), qui représente environ les trois quarts du PIB britannique, et dans l'industrie (+0,4 % au lieu de +0,1 %), a expliqué l'ONS.

Les économistes ont salué la révision de la croissance du quatrième trimestre, qui démontre que le Royaume-Uni est sorti de la récession avec plus de vigueur que ne l'avait laissé entendre l'ONS le mois dernier.

Cette révision «est une nouvelle bienvenue, mais on ne peut toujours pas dire que l'économie est sortie triomphalement de la récession», a ainsi estimé Howard Archer, du cabinet IHS Global Insight. Selon lui, «il est toujours trop tôt pour dire que l'économie est sortie de l'auberge» et «l'impact des intempéries au début de l'année sur une économie qui reste très fragile crée un réel danger d'une rechute du PIB» sur le trimestre en cours.

Or, une rechute du PIB ferait très mauvais effet pour le gouvernement travailliste de Gordon Brown juste avant des élections législatives prévues début juin, au plus tard, mais généralement attendues le

6 mai. Ce risque pourrait même inciter le premier ministre à convoquer des élections avant la publication des chiffres de la croissance du premier trimestre, prévue fin avril, selon certains analystes.