Bombardier décroche un contrat de 3 milliards $ US pour la CSeries

Maquette du CSeries
Photo: Archives Le Devoir Maquette du CSeries
La région de Mirabel peut pousser un soupir de soulagement avec l’annonce aujourd’hui d’une lucrative commande de 40 avions CSeries pour Bombardier Inc., du transporteur américain Republic Airways Holdings Inc.

La multinationale montréalaise avait mis à pied 715 personnes à la fin novembre en raison d’un ralentissement dans la cadence de production d’un autre modèle d’avion, les jets régionaux CRJ, ce qui avait porté un dur coup aux travailleurs de l’industrie aéronautique.

Le nouveau contrat, dont la valeur est évaluée à 3,06 milliards $ US, vient insuffler un peu d’air frais au secteur sévèrement touché par la crise économique. L’entente prévoit également des options sur 40 autres avions CS300, ce qui pourrait en porter la valeur à 6,34 milliards $ US.

Republic Airways Holdings est la première société aérienne nord-américaine à passer une commande ferme de biréacteurs de ligne CSeries, visant le marché des long-courriers à couloir unique de 100 à 149 places. Leur entrée en service est prévue pour l’année 2013.

Le porte-parole de Bombardier Aéronautique, Marc Duchesne, indique qu’il n’est pas impossible que les personnes mises à pied en novembre puissent être réembauchées à moyen terme.

«Est-ce que ces gens-là seront appelés un jour à travailler pour faire l’assemblage de l’appareil CSeries? Je ne peux pas spéculer là-dessus pour l’instant», a noté M. Duchesne en entrevue à La Presse Canadienne.

«Ce que je peux vous dire, c’est que la plupart des employés étaient des employés syndiqués, donc il y a des listes de rappel auprès du syndicat. Quand on aura à rappeler des employés, soit sur le CRJ ou encore pour l’assemblage du futur CSeries, on passera évidemment d’abord par la liste du syndicat», a-t-il ajouté.

Les ouvriers devront cependant prendre leur mal en patience, puisque ce dont a besoin Bombardier pour ses CSeries en ce moment, ce ne sont pas des machinistes, mais plutôt des ingénieurs. L’appareil étant encore à l’étape de recherche et développement, l’assemblage n’est pas prévu avant 2012 et 2013.

Dave Chartrand, du syndicat des machinistes du Québec, voit malgré tout matière à se réjouir avec ces nouvelles commandes. Plusieurs doutaient encore du projet CSeries, a-t-il noté.
«Ça concrétise le fait que cet avion-là va voir le jour. Je pense que beaucoup de gens, même avec les deux commandes (précédentes), étaient inquiets et disaient que ce projet-là n’était pas encore assuré», a-t-il souligné.

Jusqu’à 3500 emplois en 2017

L’entreprise avait déjà obtenu des commandes fermes pour un total de 50 avions de Deutsche Lufthansa et du groupe irlandais Lease Corporation International Group. Elles avaient par ailleurs enregistré des options sur 90 autres avions CSeries.

M. Chartrand estime que la nouvelle commande permettra de sécuriser les emplois préexistants chez Bombardier et d’en créer de nouveaux. La multinationale espère créer jusqu’à environ 3500 emplois au sommet de la cadence de production, prévue autour de 2017.
Les deux modèles CSeries sont au coeur de la stratégie de Bombardier Aéronautique, qui a passé des années à mettre au point cet appareil à la fine pointe de la technologie. Le prix unitaire pour les deux différentes versions de l’avion s’élève à 52,4 millions $ US et à 60,9 millions $ US. Plus d’un millier de personnes travaillent sur ce modèle dans les usines des environs de Montréal, et 200 autres à Belfast, en Irlande du Nord.

L’entreprise est toujours en discussion active avec d’autres transporteurs pour obtenir de nouvelles commandes.

«On parle de façon très sérieuse avec plus de 60 lignes aériennes provenant de partout dans le monde. Cet appareil-là vise un créneau, une niche de marché de 6300 avions sur 20 ans», a signalé M. Duchesne.

Republic Airways Holdings, basé à Indianapolis en Indiana, opère les transporteurs Chautauqua Airlines, Frontier Airlines, Lynx Aviation, Midwest Airlines, Republic Airlines et Shuttle America. L’entreprise compte quotidiennement 1600 vols dans 118 villes, 44 États américains, ainsi qu’au Canada, au Costa Rica et au Mexique.

En milieu de journée, les actions de Bombadier avaient bondi de 38 cents ou de 6,93% à 5.86 $ à la bourse de Toronto.