La Caisse de dépôt réalise un rendement de 10%, loin derrière ses pairs

Michael Sabia aujourd'hui
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Michael Sabia aujourd'hui

Grâce à un bon deuxième semestre, la Caisse de dépôt et placement du Québec a réalisé un rendement global de 10,04% au cours de l’année 2009, qui reste toutefois bien en deçà des résultats de ses pairs.

Il s’agit d’un écart négatif de 4,1 points de pourcentage par rapport à l’indice de référence regroupant les investisseurs institutionnels canadiens, qui s’est établi à 14,1% en 2009.
L’écart est encore plus important avec l’indice RBC Dexia des caisses de retraite canadiennes de plus d’un milliard de dollars, qui a atteint 15,5 % en 2009. La Caisse se classe dans le dernier quartile de cet univers.

Les résultats de 2009 contrastent grandement avec ceux de 2008, alors que la Caisse avait inscrit un rendement négatif de 25%, ce qui avait entraîné une perte de 40 milliards $.

A quelques exceptions près, la Caisse croit que les pires conséquences de la crise financière 2008 sont maintenant derrière elle, a résumé le président et chef de la direction de la Caisse, Michael Sabia, lors de la rencontre avec la presse qui a suivi la présentation des résultats.
Il s’est cependant montré prudent, disant qu’il reste «encore beaucoup de travail» à accomplir dans le but de «réaliser le plein potentiel de la Caisse».

L’actif net de la Caisse s’est apprécié de 11,8 milliards $ pendant l’année pour se chiffrer à 131,6 milliards $.

Selon M. Sabia, l’année 2009 «aura été une année de transition pour la Caisse». Il assure que l’institution a «rééquilibré» son portefeuille et «rebâti» sa position sur les marchés boursiers.
A la fin du premier semestre, en juin, la Caisse affichait un rendement de moins 0,3%, en raison surtout de la mauvaise performance de son portefeuille immobilier, mais aussi de celle de ses placements privés et de sa sous-pondération en actions. L’indice de référence s’élevait alors à 4,7%.

«Le premier semestre a été une période difficile», a reconnu M. Sabia.

Dans la deuxième moitié de l’année, la Caisse a enregistré un rendement de 10,4%, soit 1,4 point de plus que l’indice de référence, qui a atteint 9%. Le retour en force de l’institution sur les marchés boursiers a largement contribué au redressement.

En 2009, 10 des 17 portefeuilles de la Caisse ont surpassé leurs indices de référence et 15 d’entre eux ont dégagé un rendement positif. Les marchés boursiers, dans lesquels l’institution a réinvesti 9,6 milliards $ pendant l’année, ont procuré un rendement de 31,4%, soit 0,6 points de plus que l’indice de référence.

Dans le secteur du revenu fixe, la Caisse a enregistré un rendement de 5,8 % en 2009, soit 0,9 % de plus que l’indice de référence.

Par contre, le secteur immobilier a affiché un rendement de moins 15,8%, soit un écart négatif de 10 % par rapport à l’indice de référence. En dollars, la perte atteint 4,1 milliards $. Ce sont des placements risqués dans des titres de dette immobilière, surtout aux États-Unis, qui sont principalement responsables de cette contre-performance. La Caisse a annoncé qu’elle abandonnait ce secteur précis.

La Caisse a aussi peiné dans le domaine des placements privés, participations et infrastructures, où elle a dégagé un rendement de 17,5%, soit 8,1 points de moins que l’indice de référence.

Par ailleurs, l’amélioration des conditions de crédit a permis à la Caisse de renverser une partie des provisions qu’elle avait inscrites l’année dernière dans le dossier du papier commercial adossé à des actifs (PCAA), à hauteur de 513 millions $ (incluant les frais et intérêts associés).
L’institution dit avoir renforcé sa situation financière en 2009 en réduisant son passif de 27,7 milliards $, dont 14,5 milliards $ de produits dérivés. Le passif de la Caisse atteint désormais 39,1 milliards $.

Au cours de la dernière année, la Caisse a également réduit de 43 millions $ ses charges d’exploitation et ses frais de gestion externe, qui sont passés de 314 millions $ en 2008 à 271 millions $ en 2009.

Les rapports de la Caisse, en PDF (hyperlien)
5 commentaires
  • jacques noel - Inscrit 25 février 2010 15 h 00

    Est-ce que la Caisse se vide déjà?

    Si j'ai bien lu (page 5), les dépots des déposants exédaient de 4,554,000,000$ les retraits en 2008. Or, en 2009, revirement spectaculaire: les retraits des déposants exédaient de 252,000,000 les dépots. Sommes-nous déjà dans le rouge? Est-ce que la Caisse a commencé à se vider?

    http://www.lacaisse.com/fr/nouvelles-medias/Docume

  • Sator - Inscrit 25 février 2010 15 h 31

    c est pas grave

    Alors on fait-tu exprès à la caisse de dépôt pour ne pas faire d’argent. On a l impression que depuis que M Parizeau a dit qu’il voulait se servir de cette institution pour accéder à l indépendance on a toute faite pour rendre notre fleuron non viable, il y a de quoi se poser des questions. Entre autres en 2008 avant l arrivé de M Sabia on a fait une vente de feu de valeur à un prix possiblement inférieur aux marches d’actifs pour obtenir des liquidités. Et la question qui tue est qui les a achetées?
    Apes tout on a perdu seulement que 40 milliards en plus des primes de séparations et toutes les autres choses qu’on ne sait pas et le petit 10 pour cent de cette année c est vraie qu’on est entre bonnes mains ça craque de partout pendant que l autre a les deux mains sur le volant il nous dit je suis prêt fais beaucoup de boucane et pis il n’avance pas
    On mérite quand même mieux que ca

  • Jacques Lalonde - Inscrit 25 février 2010 16 h 04

    Qui aurait pu faire mieux dans les circonstances ?

    Le commentaire fort bien équilibré qu'a livré sur RDI Michel Nadeau me porte à croire que les choses sont maintenant sur la bonne voie. Alors pourquoi ce titre négatif sans nuances ? On peut comprendre que madame Marois ne soit pas heureuse, mais vous?

    Jacques Lalonde
    Gatineau
    jlalonde@ca.inter.net

  • Carole Dionne - Inscrite 25 février 2010 17 h 23

    SABIA A ÉTÉ BON? LÀ N'EST PAS LA QUESTION

    QUI EST LA CAUSE DE TOUT CELA?


    Au début , Dieu ( pour ceux qui y croit) créa la monde. Puis, vint Jean Charest. Il critiqua, alors qu'il était dans l'opposition, les placements de la CDP. Trop d'investissement au Québec dans les PME et pas assez sur les marchés mondiaux. La CDP devrait être plus agressive

    Il ne l'a pas dit directement mais on n'est pas quand même tous folles, il y a eu de la pression sur les dirigeants de la CDP dont Rousseau. Rousseau investissait dans tout ce qu'il pouvait pour donner raison à Jean Charest.

    Et tout à coup, un CRASH boursier. Rousseau aurait pu démissionner et dire qu'il a agit ainsi sous la pression du parti Libéral. Charest aurait été blâmé.

    Qu'arriva-t-il? L'empire DESMARAIS appelle comme par hasard Rousseau pour lui offrit un pont d'or et interdiction de parler. Aie, payer $1,000,000. pour Rousseau!! Jarilowski ne l'aurait sûrement payer à ce prix là.

    Donc, voulant prouver qu'il avait bien les deux mains sur le volant, il engage SABIA et demande de réparer le gâchis de Rousseau qui a été fait sous la pression de Charest qui voulait se montrer plus intelligent que les autres.
    Je ne suis pas ni péquiste, ni adéquiste. Juste une personne qui regarde cela de près.

  • Bernard Gervais - Inscrit 25 février 2010 23 h 29

    Pas facile de réparer les pots cassés !

    Pas facile pour le nouveau P.-D.G. de la Caisse de Dépôt et de Placements, Mchael Sabia, de « réparer les pots cassés » laissés par son prédécesseur, Henri-Paul Rousseau !

    Et dire que, suite aux résultats catastrophique qu'a connus la Caisse en 2008 sous sa gouverne, celui-ci est parti avec une généreuse prime et sans même prendre la peine de s'excuser auprès des Québécois !

    Quel comportement indécent, surtout quand on pense à tous ces petits travailleurs du secteur privé qui ne gagnent que le salaire minimum et ne sont pas assurés de garder leur emploi !