Les taux d'intérêt bas pour longtemps

Le chômage de longue durée (six mois et plus) est particulièrement inquiétant, a rappelé Ben Bernanke devant le Congrès, hier: sa part a doublé, à 40 % en un an.
Photo: Agence Reuters Richard Clement Le chômage de longue durée (six mois et plus) est particulièrement inquiétant, a rappelé Ben Bernanke devant le Congrès, hier: sa part a doublé, à 40 % en un an.

Washington — Le président de la banque centrale américaine (Fed), Ben Bernanke, a affirmé hier devant la Chambre des représentants que le chômage aux États-Unis justifiait le maintien de taux d'intérêt très bas «pendant une longue période».

«Le marché de l'emploi reste très mauvais, avec un taux de chômage proche des 10 % et des offres rares», a souligné M. Bernanke, dans son témoignage semestriel sur la politique monétaire. «La fréquence croissante du chômage de longue durée est particulièrement inquiétante, à cause de ses implications à long terme pour [...] les salariés», a relevé le banquier central. La part de ce chômage de longue durée (six mois et plus) a doublé en un an à 40 %, a-t-il rappelé.

M. Bernanke a indiqué que la reprise de la croissance était trop peu affirmée pour le moment.

Selon lui, «une reprise durable dépendra de la poursuite de la croissance de la demande finale du secteur privé des biens et services», qui n'est pas assurée aujourd'hui, le «soutien budgétaire à la croissance économique devant diminuer tout au long de cette année».

Dans ces conditions, M. Bernanke a réitéré l'engagement de la Fed en faveur de taux d'intérêt bas «pendant une longue période». Le taux d'intérêt directeur de la Fed est maintenu proche de zéro depuis décembre 2008.

Dans le même temps, le président de la Fed a répété que son institution se tenait prête à retirer le temps venu ses mesures exceptionnelles de soutien au crédit. «À un certain point, la Réserve fédérale devra commencer à resserrer les conditions monétaires pour empêcher le développement de pressions inflationnistes. [...] Nous avons les outils nécessaires», a-t-il souligné.

Mais cela ne devrait pas se faire immédiatement, étant donné que «la plupart des indicateurs laissent penser que l'inflation a des chances d'être modérée pendant quelque temps», d'après M. Bernanke.

Il a également répété que le relèvement le 18 février du taux d'escompte, d'un quart de point à 0,75 %, n'était pas une mesure de resserrement, correspondant plutôt «à l'amélioration du fonctionnement des marchés financiers, qui a réduit le besoin d'assistance extraordinaire par la Réserve fédérale».

M. Bernanke a noté quelques raisons d'être optimiste, dans un contexte de «reprise économique naissante». «La demande finale privée semble croître à un rythme modéré, alimentée en partie par une amélioration généralisée des conditions financières», a-t-il noté.

Interrogé sur le déficit public par le représentant Barney Frank, président de la commission qui l'entendait, M. Bernanke a indiqué qu'il était «important» de s'attaquer à ce problème, mais qu'il ne voyait pas menacée la note de la dette des États-Unis, aujourd'hui la meilleure possible («AAA»).