Finances et retraite - Le Fonds de solidarité lance un appel pressant à l'épargne

Le Québec est parmi les provinces où le taux d’épargne personnelle est le plus bas au pays: en 2008, il se situait à 2,1 %, contre 3,7 % pour l’ensemble des Canadiens.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le Québec est parmi les provinces où le taux d’épargne personnelle est le plus bas au pays: en 2008, il se situait à 2,1 %, contre 3,7 % pour l’ensemble des Canadiens.

En cette saison REER, le Fonds de solidarité FTQ invite les Québécois à l'épargne. Évoquant le faible taux d'épargne et le choc démographique en vue, l'institution joue la carte de la sensibilisation face à une couverture des besoins à la retraite déficiente.

Au cours d'un petit-déjeuner avec des membres de la jeune Chambre de commerce, hier, le p.-d.g. du Fonds de solidarité, Yvon Bolduc, a fait part de ses préoccupations devant une certaine inertie des Québécois sur la question de la retraite et des besoins financiers requis. «Les Québécois se préparent mal en vue de leur retraite et risquent d'être en position financière précaire à ce moment de leur vie. Cela aura des impacts importants sur l'économie du Québec, alors que, dans moins de 15 ans, les spécialistes estiment qu'il n'y aura plus que 2,5 travailleurs pour chaque retraité au Québec contre quatre actuellement.»

Le président du Fonds a repris les données de l'Institut de la statistique du Québec indiquant qu'au troisième trimestre de 2009, le taux d'épargne des Québécois s'élevait à 3,1 %, en baisse par rapport à celui de 3,5 % du deuxième trimestre de 2009. «En outre, le Québec serait parmi les provinces où le taux d'épargne personnelle est le plus bas au pays: globalement en 2008, il se situait à 2,1 % contre 3,7 % pour l'ensemble des Canadiens», a-t-il ajouté en avançant des chiffres de Statistique Canada.

Le taux d'épargne des Canadiens était toutefois en hausse l'an dernier. Il atteignait 4,8 % au troisième trimestre. Il était de 3,7 % en 2008 et de 2,5 % en 2007. On parle d'une lente amélioration. Et M. Bolduc n'a pas été sans rappeler que le taux d'épargne au Canada était dix fois plus élevé en 1982, alors qu'il touchait les 20,2 %.

Le Fonds s'inspire cette fois de la Régie des rentes du Québec pour faire ressortir le fait que nombre de Québécois ne disposent d'aucune épargne à long terme. «La Régie des rentes du Québec signale qu'un Québécois sur trois ne dispose d'aucune couverture en vue de sa retraite, pas même un REER personnel. Conséquemment, bien des Québécois devront travailler beaucoup plus longtemps que prévu pour garantir un niveau de vie adéquat à la retraite.»

Dit autrement, «une autre enquête menée par Léger Marketing révèle que six PME sur dix au Québec n'offrent pas de régime de retraite. Aussi, 84 % d'entre elles ne prévoient pas être en mesure d'en proposer un au cours des trois prochaines années en raison de leur situation financière. Cela affecte particulièrement les entreprises du secteur du détail et de la distribution, qui embauchent des dizaines de milliers de travailleurs», a souligné Yvon Bolduc.

BMO

Dans un sondage Léger Marketing, mené pour le compte de BMO Groupe financier, on observe que plus de la moitié des Canadiens ont des doutes quant à leur comportement en matière de placement et près de 20 % d'entre eux ne connaissent pas la composition de leur portefeuille. Parmi les autres données du sondage, 58 % des répondants qui connaissent la composition de leur portefeuille estiment qu'ils n'ont pas fait les bons choix. Et ils sont 57 % à affirmer que la réussite dans l'investissement passe par la consultation avec un conseiller financier, ce qu'ont fait 34 % d'entre eux l'an dernier.

De plus, 73 % des investisseurs ont dit ne suivre leurs placements qu'une fois par mois, alors qu'ils estiment qu'ils devraient le faire idéalement une fois par semaine.

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Avec La Presse canadienne