AbitibiBowater - Des réclamations environnementales compromettraient la restructuration

Terre-Neuve-et-Labrador a émis cinq arrêtés exigeant de l’entreprise montréalaise qu’elle procède au nettoyage de plusieurs sites.
Photo: Agence Reuters Christinne Muschi Terre-Neuve-et-Labrador a émis cinq arrêtés exigeant de l’entreprise montréalaise qu’elle procède au nettoyage de plusieurs sites.

Les efforts d'AbitibiBowater pour émerger de la protection contre la faillite pourraient être mis à mal par des réclamations environnementales en provenance de Terre-Neuve-et-Labrador, a affirmé le contrôleur nommé par la cour pour le producteur de papier en difficulté.

La province a émis cinq arrêtés exigeant de l'entreprise montréalaise qu'elle procède au nettoyage de plusieurs sites. Certains d'entre eux n'appartiennent plus à AbitibiBowater, tandis que d'autres ne sont pas en exploitation. Ces sites comprennent la mine Buchans, des parties de l'usine expropriée de Grand Falls-Windsor, l'usine de Stephenville, des installations d'entreposage de Botwood, de même qu'une cinquantaine de chantiers d'exploitation forestière.

Les estimations préliminaires des coûts éventuels demeurent confidentielles, mais ces frais devraient dépasser 50 millions, selon ce qu'a écrit le contrôleur Ernst & Young dans un rapport.

Ernst & Young a indiqué que les frais encourus par l'opération de nettoyage pourraient affecter les efforts menés par AbitibiBowater pour mettre en place un plan d'affaires acceptable aux yeux des créanciers et des autres actionnaires.

Au coeur du problème se trouve une requête relative à la façon de traiter les arrêtés de la province. AbitibiBowater avance qu'ils devraient être traités comme des réclamations en vertu de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC), ce qui voudrait dire que la province pourrait ne recevoir qu'une fraction de la somme réclamée. Terre-Neuve-et Labrador estime cependant que les arrêtés ne constituent pas des réclamations financières exigeant paiement. Une audience doit avoir lieu à ce sujet cette semaine.

Si la Cour supérieure du Québec, qui supervise la restructuration de l'entreprise, accorde priorité aux arrêtés plutôt qu'aux demandes des autres créanciers, la capacité d'AbitibiBowater à restructurer ses activités avec succès pourrait être compromise, a indiqué le contrôleur.

L'entreprise pourrait ne pas être en mesure d'obtenir du financement, et le processus de financement, qui en est maintenant à son dixième mois, deviendrait vraisemblablement plus compliqué et pourrait être retardé.

Le plus important producteur de papier journal en Amérique du Nord a demandé la protection de la cour contre ses créanciers au pays et aux États-Unis, en avril dernier. Déjà aux prises avec une lourde dette, il a fait face à une sérieuse baisse de la demande et des prix. La société exploite 23 usines de pâtes et papiers ainsi que 30 installations de produits du bois aux États-Unis, au Canada, au Royaume-Uni et en Corée du Sud.