L'équilibre budgétaire peut attendre, plaide la FTQ

Michel Arsenault de la FTQ (au centre), Claudette Carbonneau de la CSN (à sa droite) et Lucie Martineau du Secrétariat intersyndical des services publics (à l’extrême droite) ont manifesté hier devant l’Assemblée nationale en compagnie de plus de 3000 syndiqués.
Photo: Clément Allard - Le Devoir Michel Arsenault de la FTQ (au centre), Claudette Carbonneau de la CSN (à sa droite) et Lucie Martineau du Secrétariat intersyndical des services publics (à l’extrême droite) ont manifesté hier devant l’Assemblée nationale en compagnie de plus de 3000 syndiqués.

Québec — Selon le président de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), Michel Arsenault, le gouvernement doit d'autant plus faire des concessions au front commun des employés du secteur public qu'il n'a pas à régler l'équilibre budgétaire aussi rapidement qu'il le dit.

«Le gouvernement est obsédé par l'équilibre budgétaire. On a un déficit de 1,3 % du PIB. La totalité des pays du G7 — les États-Unis, le Canada, l'Ontario [sic], le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne — nous regardent avec envie parce que partout ailleurs le déficit budgétaire est beaucoup plus élevé que 1,3 %», a déclaré hier M. Arsenault lors d'une conférence de presse conjointe avec Claudette Carbonneau, de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), et Lucie Martineau, du Secrétariat intersyndical des services publics (SISP).

«Les dirigeants, les économistes des grandes banques canadiennes, le Fonds monétaire international recommandent au gouvernement de ne pas faire l'équilibre budgétaire dans l'immédiat parce qu'on n'est pas nécessairement sortis de la crise. On comprend mal cet empressement du gouvernement de vouloir rééquilibrer son budget dès 2013», a-t-il ajouté en soulignant que le gouvernement Charest pouvait rémunérer «correctement les employés de l'État» parce que les États-Unis ne comptaient rééquilibrer leur budget qu'en 2020, le Royaume-Uni en 2017, le gouvernement du Canada et de l'Ontario en 2015.

Plus de 3000 syndiqués manifestaient hier devant l'Assemblée nationale pour se faire entendre du gouvernement. Paradoxalement, le moral est au beau fixe chez les chefs syndicaux qui, trois jours après leur rencontre de vendredi avec la ministre responsable du Trésor, Monique Gagnon-Tremblay, se disent convaincus que le gouvernement veut conclure une entente et ne pas emprunter le chemin du décret comme en 2005.

«L'ère de la sacoche est finie», a lancé à la blague Claudette Carbonneau, qui salue le changement de ton intervenu avec le départ de Monique Jérôme-Forget et l'arrivée de Mme Gagnon-Tremblay.

Au nombre des raisons justifiant cette confiance, M. Arsenault signale ce jugement rendu en 2007 par la Cour suprême contre le gouvernement de la Colombie-Britannique selon lequel il y a des limites constitutionnelles à ce qu'un gouvernement peut imposer à ses salariés.

Inquiétudes

Les chefs syndicaux ont par ailleurs exprimé des inquiétudes hier concernant une série de demandes du gouvernement au chapitre des relations de travail, domaine qui n'appartient pas à la négociation principale, mais à ce qu'on appelle les «tables sectorielles». Non seulement le gouvernement est réticent à surseoir aux demandes syndicales sur le recours à la sous-traitance et aux agences de placement, par exemple, mais il demanderait aux syndicats de concéder certains acquis, déplore-t-on.

Malgré tout, les syndicats rappellent que le salaire demeure l'enjeu principal de la négociation. Le Front commun, qui représente 475 000 fonctionnaires et employés du secteur de l'éducation et de la santé, réclame des augmentations salariales de 11,25 % sur trois ans, plus du double de ce que le gouvernement se dit prêt à offrir.

Les syndicats, dont le contrat de travail tombe à échéance le 31 mars, prévoient tenir un grand rassemblement à Montréal le 20 mars. Des dizaines de milliers de personnes sont attendues.
1 commentaire
  • Michel Lévesque - Inscrit 23 février 2010 12 h 00

    Comme en Grèce

    On peut attendre que notre dette de 219 milliards, représentant 72% du PIB, grimpe jusqu'à 80% du PIB... comme en Grèce.