Entrée réussie pour l'Audi Q5

Dans la catégorie des VUS compacts de luxe, Audi a réussi son entrée, car le Q5 s’impose déjà comme la référence.
Photo: Audi Dans la catégorie des VUS compacts de luxe, Audi a réussi son entrée, car le Q5 s’impose déjà comme la référence.

Les véhicules utilitaires sport (VUS) n'ont plus la cote — du moins, pas les gros formats. Si prisés dans les années 90, les Grand Cherokee, Explorer, Pathfinder et autres gros machins énergivores ont vu leur popularité fondre comme neige au soleil depuis cinq ans en raison de facteurs comme la fluctuation des prix du pétrole, la conscientisation environnementale sans cesse grandissante et, plus récemment, la crise économique.

Les consommateurs se sont tournés vers des véhicules moins chers, moins gloutons, et ce sont les petits VUS qui en ont bénéficié: les Escape, Tribute, RAV4, CR-V et compagnie n'ont jamais été aussi demandés. Anecdote personnelle: parmi les personnes qui me demandent conseil chaque jour, une sur deux envisage l'achat d'un VUS compact. C'est à ce point.

Parmi les acheteurs de VUS, certains achètent aussi du standing, comme on dit à Paris. Les marques généralistes ne les interpellent pas; ils veulent du prestige. Acura, Lexus, Audi, BMW, Mercedes, tout ce beau monde compte un ou des VUS dans sa gamme, mais, encore une fois, on a d'abord privilégié les gros formats, hier encore si populaires. Il y a cinq ans, le créneau naissant des petits utilitaires de luxe ne comptait que deux joueurs: le Land Rover Freelander (rebaptisé LR2 en 2007) et le BMW X3. Aussi bien dire que ce dernier était seul, ou presque, vu les ventes marginales (et la piètre réputation) de Land Rover. Puis il y a eu la guerre en Irak, Katrina, la montée du vert... Flairant la bonne affaire, les marques de prestige ont rejoint BMW ces dernières années: Acura avec son RDX, Mercedes avec son GLK et Audi avec son Q5.

Un joueur naturel

Audi était un joueur naturel pour ce créneau. La marque aux anneaux possède les deux éléments-clés pour en faire partie: le prestige et la traction aux quatre roues. Déjà présente dans la catégorie supérieure, avec le Q7, elle n'a eu qu'à reprendre la plate-forme et les organes mécaniques de son modèle A4 pour concevoir rapido presto un petit frère au Q7.

Première bonne nouvelle, le dernier-né des VUS de luxe est mignon comme tout. «Style sells», disent les Américains, et le Q5 n'aura pas de misère à se faire des amis. Cela dit, il ne révolutionne rien sur le plan esthétique et, comme c'est désormais la norme dans toutes les catégories de VUS, il n'y a qu'une seule configuration, à quatre portes. Le hayon arrière s'ouvre de bas en haut et non latéralement, ce que plusieurs apprécieront.

Bien décoré

Quand je m'installe à bord d'une Audi, je me sens, comment dirais-je... rassuré. C'est solide, confortable et, en plus, c'est beau! Audi, répétons-le, est le constructeur allemand qui a la plus belle finition à l'intérieur de ses modèles, et ce, depuis les années 90. Le tableau de bord, par exemple, devrait servir d'exemple à toute l'industrie. À cette décoration intérieure réussie — qui évite de sombrer dans le clinquant sans, à l'autre extrême, tomber dans l'austérité qui a déjà été celle des voitures allemandes — s'ajoute une qualité d'assemblage irréprochable.

À l'avant, les baquets sont moins fermes que d'habitude (dans une Audi, s'entend), ce que les douillets acheteurs américains apprécieront. Le soutien latéral est correct, sans plus. À l'arrière, les passagers trouvent une banquette très confortable et ils disposent d'un bon dégagement pour la tête et les jambes. Notez cependant que le toit panoramique (un des nombreux accessoires offerts en option) enlève quelques précieux centimètres de garde au toit. Le dossier de la banquette peut s'incliner, ce qui augmente la capacité de chargement, déjà supérieure à celle des BMW X3 et Mercedes GLK.

L'ergonomie est un autre point fort des Audi: dans le Q5, tout est bien disposé, accessible, et les espaces de rangement abondent. Seule l'interface multimédia MMI, inutilement compliquée, prive l'habitacle d'une note parfaite. Je ne comprends toujours pas pourquoi les constructeurs allemands se sentent obligés de compliquer ce qui est simple: comme le système i-Drive de BMW, le MMI double, voire triple le nombre d'étapes pour effectuer des opérations aussi simples que régler la climatisation ou la chaîne stéréo. S'il vous plaît, jetez-moi ça!

Le V6 et rien d'autre

Côté mécanique, l'offre est loin de briller par sa diversité: un seul moteur, une seule boîte de vitesses. Remarquez, la concurrence, qu'elle soit allemande ou japonaise, ne fait pas mieux: BMW, Mercedes et Acura n'ont qu'une seule motorisation pour leurs VUS compacts en Amérique du Nord. Quand on connaît la panoplie de motorisations de la version européenne du Q5, on reste forcément sur sa faim: un 4-cylindres suralimenté, deux moteurs turbodiesels... Pas d'hybride non plus; pas pour l'instant, du moins.

Cela dit, le V6 3,2 litres à injection directe (FSI) est incontestablement un des meilleurs moteurs de la planète automobile à l'heure actuelle. Très souple, silencieux, mais plus vif que les précédents V6 de la marque, il brille sur tous les plans. L'injection directe apporte une importante contribution, et ce, aux deux extrémités: plus de puissance et une consommation moindre. Nous avons maintenu une moyenne (ville et route) de 11,6 litres au 100 kilomètres, ce qui est raisonnable pour un engin de cette cylindrée, d'autant plus que le Q5 n'est pas un poids plume; en fait, c'est le plus lourd de sa catégorie. Sur la balance, il accuse 400 bons kilos de plus que ses rivaux de BMW et Mercedes.

Autre amélioration notable, la rapidité des changements de rapports de la boîte automatique. Le conducteur peut obtenir des passages encore plus rapides en optant pour le mode manuel. Et en bon véhicule allemand, le Q5 freine comme un Boeing: vite et fort.

Une A4 déguisée

Que dire (que je n'ai pas déjà dit) à propos du système de traction intégrale quattro, sinon que c'est le meilleur de l'industrie automobile? Le véhicule est cloué au sol comme s'il avançait sur des rails, et l'adhérence en virage est exceptionnelle. Et lorsqu'il neige ou qu'il pleut, la sensation de sécurité est incomparable.

On retrouve cette direction vive, incisive et ultraprécise avec, en prime, un court rayon de braquage, des qualités qui permettent d'exploiter au mieux l'agilité remarquable de ce véhicule. Le comportement routier de cette Audi A4 déguisée en VUS se rapproche beaucoup de celui d'une A4, justement. La seule différence réside dans le poids: le Q5 est plus lourd, plus haut sur pattes, aussi, et on atteint plus rapidement la limite dans une courbe. Les lois de la physique, toujours elles... Mais j'insiste: l'écart entre une A4 et un Q5 est mince. C'est déjà, en soi, un accomplissement. Il en va de même pour le confort, comparable en tout point à celui de sa génitrice. La douceur de roulement est bel et bien celle d'une berline de luxe.

Conclusion

Audi a réussi son entrée dans le créneau des VUS compacts de luxe: le Q5 s'impose déjà comme la référence. Si on le compare à ses deux plus proches rivaux, il est plus spacieux que le X3 de BMW, et sa fiabilité fait moins peur que celle du Mercedes GLK. Hélas, il a aussi le même défaut que ses compatriotes, c'est-à-dire une liste d'options longue comme le bras. Dans un véhicule de ce prix, c'est difficile à comprendre, voire inadmissible.

On peut aussi reprocher à Audi sa frilosité en choisissant de singer BMW et Mercedes, qui n'offrent qu'une seule motorisation. La marque aux anneaux a perdu là une belle occasion de se démarquer. Cela dit, ce sont là les seuls reproches que l'on peut adresser au Q5.

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FICHE TECHNIQUE AUDI Q5

- Moteur : V6 3,2 litres

- Puissance : 270 ch

- 0-100 km/h : 7,4 s

- Vitesse maximale : 210 km/h

- Consommation moyenne : 11,6 litres/100 km

- Prix du véhicule d'essai : 55 100 $

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Collaborateur du Devoir
2 commentaires
  • Claude Caron - Abonné 22 février 2010 07 h 16

    Audi A5

    Il me semble que des comparaisons peuvent être faites avec le Tiguan. Surtout au niveau design ainsi qu'avec le moteur TSI. Je viens de me procurer le Volks et j'en suis très satisfait. Quel moteur! Et quel agrément de conduite. Rien à voir avec un CRV, un RAV4 ou un Escape. Je dirais que le Tiguan se retrouve entre ces VUS et ceux comme Audi Q5 et BMW X3.

    Merci de vos analyses!

    Claude Caron

  • Jean-Pierre Boudreault - Abonné 23 février 2010 12 h 26

    Audu Q5

    Vous dîtes que le système quattro d'Audi est le meilleur système de traction intégrale. J'ai eu deux Passat, l'une avec le Torsen (2002), l'autre avec le Haldex (2007). Je conduis présentement une BMW328 xi (2008). Sur le net, on nous affirme que le système de Béhème est très nettement supérieur à celui d'Audi. J'avoue que je ne saurais répondre. Une chronique sur les différents systèmes de traction intégrale utilisés par les manufacturiers pourrait peut-être nous aider.
    Jean-Pierre Boudreault