Le Canada refuse de taxer ses banques

Le premier ministre britannique, Gordon Brown est pour l’instauration d’une taxe mondiale sur les banques.
Photo: Agence Reuters Luke MacGregor Le premier ministre britannique, Gordon Brown est pour l’instauration d’une taxe mondiale sur les banques.

Le Canada s'opposera formellement aux efforts internationaux conduits par certains pays membres du G20 visant à imposer une taxe mondiale sur les banques lors du sommet de l'organisation, prévu en juin à Toronto. Une décision qui pourrait alimenter les dissensions au sein du groupe, alors que le premier ministre britannique, Gordon Brown, milite pour l'instauration d'une telle taxe.

Contrairement à d'autres États, le Canada n'a pas dû voler au secours de ses institutions financières lors de la crise. Pas question donc de les voir être imposées, ont indiqué des responsables gouvernementaux sous le couvert de l'anonymat. Un document officiel obtenu par l'agence Bloomberg confirmerait également la décision du fédéral.

«Le Canada n'a nullement contribué à la récession mondiale. Pendant la crise, nos banques ont maintenu de sains ratios de levier financier et ont largement évité l'exposition aux actifs toxiques, a d'ailleurs expliqué au Devoir Chisholm Pothier, directeur des relations médias au cabinet du ministre des Finances, pour justifier cette position. Aucune institution financière majeure au Canada n'a fait faillite, et aucune n'a eu besoin de subventions gouvernementales, contrairement aux États-Unis et à certains pays européens.»

Même qu'Ottawa compte se présenter en modèle à suivre aux autres membres du G20. «La solide performance de notre secteur bancaire illustre l'efficacité de l'approche réglementaire du Canada. Nous allons user de notre présidence du G20 cette année afin d'insister sur l'adoption de pratiques similaires dans le monde entier», a confirmé M. Pothier.

Sans surprise

La position du fédéral n'a pas de quoi surprendre. Déjà en janvier, avant la rencontre des ministres des Finances du G7, Jim Flaherty avait clairement fait savoir que le gouvernement n'imposerait pas de nouvelle taxe au secteur financier. Et lors du sommet de Davos, le premier ministre Stephen Harper avait dit que «le Canada ne s'engagera pas sur la voie d'une réglementation excessive, arbitraire ou écrasante de son secteur financier».

D'autres membres du G20 ne voient pas la chose du même oeil, et l'hostilité canadienne sur ce sujet pourrait entraîner une scission importante au sein du groupe, en plus de contrecarrer les efforts pour imposer une réglementation financière commune. Le premier ministre britannique, Gordon Brown, a par exemple appelé les autres pays membres à se rallier à sa proposition d'imposer une taxe bancaire mondiale visant à compenser les aides financières reçues par les banques pendant la crise. Il s'agirait de couvrir le coût des sauvetages bancaires organisés en 2008 et 2009, qui se chiffre en centaines de milliards de dollars ou d'euros.

Plusieurs pays de l'Union européenne seraient favorables à «une forme de taxation bancaire», selon des informations émanant de Bruxelles. Les États-Unis ont proposé quant à eux que les banques de Wall Street versent jusqu'à 117 milliards de dollars pour rembourser les sommes dépensées pour leur sauvetage.

Le chef du gouvernement britannique avait par ailleurs avancé l'idée d'une taxe mondiale sur les transactions financières — dans l'esprit de la taxe Tobin — lors d'une réunion des pays du G20 au mois de novembre en Écosse. Le Canada est contre. «Notre gouvernement conservateur s'engage à réduire le fardeau fiscal, et non pas à imposer une taxe Tobin mondiale sur les services financiers quotidiens, a souligné hier M. Pothier. Une réglementation modeste et responsable est la solution — pas une taxation.»

Malgré les obstacles, M. Brown s'est dit persuadé hier de pouvoir en arriver à un accord au sujet d'«une constitution mondiale pour le système financier mondial» au cours des sommets du G20 au Canada et en Corée du Sud cette année. Il a également apporté son soutien à des mesures incluant une réglementation internationale commune sur les primes des banquiers, ainsi qu'en matière de réserves de capitaux propres des banques et de liquidités.

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Avec Reuters
6 commentaires
  • charlemagne - Inscrit 20 février 2010 09 h 32

    Les Canadiens normands de France

    Je prends plaisir tous les jours à lirfe votre journal sur les évènement internationaux,c'est foorc²é que vos opinions ne sont pas les mêmes que les Français en France de souche
    Vous avez découvert un nouveau pays que vous avez construit par votre courage et votre ténacité,la France révolutionnaire sera toujours comme cela
    Gardez votre indépendance devant les Anglo-Saxons
    merci pour vos informations
    Charlemagne

  • Jerome Letnu - Inscrit 20 février 2010 16 h 36

    Je taxe moi non plus

    "Les banques n'ont pas à être imposées puisqu'elles n'ont pas contribué à la récession, soutient le gouvernement"

    Moi non plus je n'ai pas contribué à la récession, puis-je ne pas être imposé ?

  • - Inscrit 20 février 2010 19 h 19

    Ahhhhh !! La belle affaire que le système bancaire !!

    Remarquez où notre ministre des finances Jim Flaherty se tient, à l'EMPIRE CLUB de Toronto, chez les Impérialiste, la flotte de la reine Victoria avec ça, cher(e) petit(e) consommateur(trice) sans pouvoir, conditionné(e) et obligé(e) de payer des frais d'intérêts pour l'achat d'une résidence, d'un toit pour s'abriter et élever une famille, résidence à un prix honteusement gonflé par la spéculation, celle encouragée par les banques elles-mêmes !?! Wow !!! Ça se rapproche d’une forme d’esclavage sans chaine ni gardien, un racket genre vente pyramidale très payante, n’est-ce pas !?!

    L'Impérialisme, la belle affaire pour le capitalisme sauvage, sous l'œil bienveillant du djeu WASP. N'allez surtout pas taxer ces ‘‘ENFANTS GÂTÉS-POURRIS JUSQU'À L'OS, EN JET PRIVÉ avec lavabo et autres équipements EN OR’’, celui de l'Eldorado financier mondial !!!

  • Pierrette L. Ste Marie - Inscrit 21 février 2010 09 h 08

    Le gouvernement de qui ?

    Les citoyens en ont ras le bol de ces gouvernements . Peut-on s'étonner que la confiance ait foutu le camp?

    Quand trouveras-t-on un leader dont l'objectif serait d'améliorer la qualité de vie de tous les citoyens et non d'un d'un petit groupe de privilégiés

  • Denis Pageau - Abonné 21 février 2010 10 h 18

    De toute façon, ce n'est pas la solution

    Les problèmes sociétaux sont dus à deux éléments importants:
    1- La différence majeure entre le salaire des dirigeants et le salaire moyen des employés.
    2 - La suraccumulation, soit permettre à des gens d'en accumuler autant et continuer d'en accumuler.

    C'est à ce niveau que l'on doit légiférer.