Nouvelle embûche pour le développement de l'éolien

Le parc éolien de Les Méchins, qui aurait compté 100 éoliennes réparties dans trois municipalités, devait générer 150 mégawatts.
Photo: Agence Reuters Giuseppe Piazza Le parc éolien de Les Méchins, qui aurait compté 100 éoliennes réparties dans trois municipalités, devait générer 150 mégawatts.

Trois jours après un contretemps au projet de parc éolien à Mont-Louis, en Gaspésie, celui situé à Les Méchins, à 100 kilomètres de là, vient de mourir. Le promoteur, Cartier énergie éolienne, a indiqué hier que l'opposition des propriétaires fonciers le contraignait à abandonner le projet et à verser à Hydro-Québec une pénalité de 3 millions.

Le parc, qui aurait compté 100 éoliennes réparties dans trois municipalités, devait générer 150 mégawatts. Cela représente 15 % du premier appel d'offres lancé par Hydro-Québec en 2003, lequel portait sur la construction de huit parcs par des promoteurs privés entre 2006 et 2012. (Un mégawatt peut alimenter de 200 à 300 maisons.)

Lors de cet appel d'offres, Cartier a décroché six des huit projets d'éoliennes prévus par Hydro-Québec. Se voulant rassurante, la société a rappelé hier qu'elle exploite déjà trois parcs et que la construction de deux autres, Gros-Morne (211,5 MW) et Montagne Sèche (58,5 MW), est encore prévue pour le mois de juin. General Electric (GE) a reçu le mandat d'assembler les éoliennes.

Le projet de Les Méchins devait être installé sur 60 % de terres privées et 40 % de terres publiques. Le groupe des propriétaires fonciers du groupe privé comptait une quarantaine de personnes, selon la compagnie. Devant les retards occasionnés par cette tension, GE s'est retiré du projet.

«L'opposition n'était pas généralisée, a dit le directeur des affaires publiques de Cartier, Luc Leblanc. Mais l'élément qui causait le blocage, c'est que les propriétaires ne voulaient pas de renouvellement après 25 ans. De notre point de vue, avec un investissement de 300 ans, c'était trop risqué. Advenant un renouvellement de contrat avec Hydro-Québec, il fallait aussi une certitude de pouvoir renouveler avec les propriétaires fonciers.»

En vertu de l'entente, le propriétaire d'une terre sur laquelle Cartier aurait construit une éolienne, par exemple, aurait reçu 1000 $ par mégawatt par année, plus 35 $ de l'hectare pour la superficie totale de sa terre. Par ailleurs, le propriétaire qui aurait donné son feu vert au projet, qu'il y ait eu une éolienne ou non, aurait pu aussi recevoir 35 $ de l'hectare, a dit M. Leblanc. Puisque le projet était issu d'un appel d'offres, il n'y a aucun projet de remplacement, a dit un porte-parole d'Hydro-Québec, Louis-Olivier Batty.

Problème à Mont-Louis

L'abandon du projet survient trois jours après que le promoteur torontois Northland Power et le fabricant d'éoliennes AAER, de Bromont, ont rompu leurs liens quant à leur projet de Mont-Louis. Ce parc de 100,5 MW doit entrer en production avant le 31 décembre 2010.

N'ayant toujours pas reçu la commande de Northland au sujet des 61 éoliennes, AAER a préféré se retirer du projet cette semaine, car elle ne s'estime plus capable de les livrer à temps. Selon AAER, le projet «n'est pas financé actuellement» et Northland négocie encore avec ses bailleurs de fonds et le gouvernement.

Quelques années après le premier appel d'offres, Hydro-Québec en a lancé un deuxième, cette fois de 2000 MW. Il porte sur 15 parcs dont la mise en production s'échelonnera de 2011 à 2015.