La Fed relève son taux d'escompte

Le geste est une surprise, posé après la fermeture des marchés hier. La Réserve fédérale a relevé son taux d'escompte de 25 points, hier. Plaçant cette hausse d'un taux symbolique dans un contexte de normalisation des facilités de crédit, la Fed insiste pour dire qu'elle ne change en rien les conditions financières offertes aux particuliers et aux entreprises.

La Fed a officiellement amorcé son mouvement de sortie de crise en resserrant les conditions monétaires. Du moins, le premier geste porte sur le taux d'escompte, qui passera de 0,50 à 0,75 % aujourd'hui. Ce taux n'a pas d'incidence sur le marché du crédit aux particuliers. Il est celui exigé aux institutions exprimant un besoin de se financier auprès d'elle.

«Ces modifications ne devraient pas entraîner un resserrement des conditions financières pour les ménages et les entreprises et ne signalent aucun changement dans les perspectives de l'économie ou de la politique monétaire», a pris soin de souligner la Fed dans son communiqué. Le taux le plus sensible, celui sur les prêts interbancaires au jour le jour, demeure dans l'intervalle du 0-0,25 %. Il devrait y être maintenu «pendant une longue période», a répété la Fed.

Il s'agit d'une première hausse d'un taux d'intérêt officiel depuis le début de la crise financière, lancée par l'éclatement de la bulle des subprimes en 2007. Elle a été annoncée après la fermeture des marchés financiers américains hier. La banque centrale la positionne dans un contexte d'amélioration de la conjoncture et de la liquidité sur les marchés financiers. En premières réactions sur les marchés hors-cotes, les contrats sur actions et le prix des obligations réagissaient à la baisse en début de soirée, alors que le dollar américain s'appréciait.

Le président de la Fed, Ben Bernanke, avait jeté les bases de la stratégie de retrait des liquidités massives injectées durant la crise le 10 février dernier. Il avançait alors que le principal moyen pour lancer le mouvement serait d'accroître le loyer exigé aux banques, en commençant par le taux d'escompte. Ce taux exigé sur les prêts pouvant leur être consenti de manière temporaire ou urgente, lorsque le marché interbancaire devient serré ou peu réceptif.

«À l'image de la cessation de plusieurs programmes de crédit exceptionnels ce mois-ci, ces changements visent à normaliser un peu plus les facilités de crédit de la Réserve fédérale», a ajouté l'institution hier.

***

Avec Reuters